Bras de fer au sommet du pouvoir: Tebboune joue et perd

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TEBBOUNE
Algerian Housing minister Abdelmadjid Tebboune (C) is seen during the ceremony of social housing distribution in Algiers, Algeria April 3, 2017. Picture taken April 3, 2017. Tebboune was named as the new Prime Minister of Algeria on May 2017. REUTERS/ Ramzi Boudina | Ramzi Boudina / Reuters
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Il n'aura tenu que 80 jours à la tête du Gouvernement dont il état le premier ministre depuis le 24 mai dernier. Abdelmadjid Tebboune est ainsi celui qui a occupé ce fauteuil le moins longtemps dans l'histoire de l'Algérie indépendante.

Deux mois et vingt jours après sa nomination, l'ex premier ministre a été d'abord sévèrement recadré par le chef de l'Etat durant ses vacances avant qu'il ne soit limogé à son retour au palais du gouvernement ce mardi.

Le ton de l'instruction présidentielle dénotait d'un "courroux" certain du chef de l'Etat quant aux initiatives prises par le gouvernement Tebboune depuis son installation.

Le rappel à l'ordre remettait en cause tout ce qui avait été entrepris par le gouvernement Tebboune. Le chef de l'Etat qualifie les "initiatives" de son premier ministre et de certaines membres de son gouvernement et des administrations sous leurs autorités de "provocation réelle" contre les opérateurs économiques nationaux.

Le bras de fer engagé par Tebboune avec certains chef d'entreprises et opérateurs économiques lui avait valu une première défaite marquée par la réunion qu'il avait convoquée avec eux et le partenaire social le 30 juillet dernier.

La mine qu'il affichait au cimetière le jour-même à l'enterrement de feu Réda Malek en disait long. La sortie publique du frère et conseiller du chef de l'Etat, Saïd Bouteflika, à cette même occasion où il s’est ostensiblement affiché avec Ali Haddad annonçait clairement le désaccord. La campagne "anti-oligarques" n’est pas celle de la présidence de la Rpublique.

Le recadrage sévère qui a suivi cet épisode et son étalage sur la scène publique ne présageait rien de bon pour la suite. Certains observateurs de la scène politique nationale qui pariaient sur le départ de Tebboune après les élections locales prévues en novembre prochain s’interrogeaient déjà si une telle remise en cause pouvait laisser encore une marge de manœuvre au premier ministre ou au chef de l'Etat.

On s’interrogeait aussi sur l'attitude futur du premier ministre si jamais il venait à poursuivre ses fonctions. La présidence de la République a coupé court à ces spéculations et a démis Tebboune dès sa reprise de fonction aujourd'hui.

M. Tebboune, 71 ans, cède donc place à M. Ouyahia, qui occupait le poste de directeur de Cabinet à la présidence de la République.

"La vision du Premier ministre ne cadrait pas avec la vision du président", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale ayant requis l'anonymat, faisant également état de problèmes de "communication" entre les deux hommes.

En fait, les hostilités sont ouvertes au sommet du pouvoir. L'ex premier ministre a joué et a perdu.

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