Égalité dans l'héritage, mariage à un non musulman: Tunisiens et Égyptiens dénoncent la position d'Al Azhar et lancent un Hashtag sur les réseaux sociaux

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AL AZHAR
Asmaa Waguih / Reuters
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Alors que le bureau de l'adjoint de l'Imam d'Al Azhar Abbas Shuman a critiqué l'égalité dans l'héritage et le mariage à un non-musulman proposés par le président de la République tunisienne Béji Caid Essebsi à l'occasion de la fête de la femme, plusieurs personnes tunisiennes et égyptiennes se sont indignées de ces propos à l'instar du dirigeant de Nidaa Tounes Borhen Bssais ou encore de l'internaute égyptien vivant en Tunisie Nicolas Youssef.

Légende: Dans cette publication Borhen Bssais demande à Al Azhar de ne pas rentrer "dans notre débat interne, qui est sain et nécessaire, quelque soit le degré de nos divergences"

Légende: Nicolas Youssef reproche à Al Azhar d'être une entité purement politique lui demandant pourquoi ne pas avoir dit un mot "lors de l'hommage à la manifestation de Rabiaa où plus de 1000 égyptiens sont morts, leurs corps abandonnés en pleine rue sur la place de la mosquée". Il lui reproche de n'avoir parlé que lorsqu'il s'est agit "de dénigrer la Tunisie", lui reprochant également de nombreuses autres choses.



Le hashtag #يا_الازهر_خليك_في_العسكر ("Al Azhar occupe toi de l'armée" en référence aux violations des droits de l'homme commises par l'armée égyptienne) a même fleuri sur les réseaux sociaux tunisiens et égyptiens, appelant l'autorité religieuse égyptienne à ne pas interférer dans les affaires intérieures de l'État tunisien mais également de s'occuper de choses beaucoup plus importantes aux yeux des égyptiens.


Légende: "Al Azhar dit qu'il l'égalité dans l'héritage en Tunisie n'est pas conforme à la chariaa, et c'est aussi lui qui a légitimé le meurtre de manifestants non armés en Égypte".

Légende: "Al Azhar ne perd aucune goutte d'encre pour critiquer les politiques d'Al Sissi et les injustices que subissent les citoyens égyptiens de tous bords (...) Et il trouve le temps de parler et critiquer la loi sur l'égalité de l'héritage en Tunisie?"

Légende: "Ce Hashtag a été créé par les Tunisiens après les déclarations du Cheikh d'Al Azhar et son objection aux lois. Hahaha...Qu'est ce qui lui a pris de mettre son nez dans les affaires d'un pays où il ne se trouve pas?"

Légende: "Selon une étude 99,3 est le pourcentage de femmes ayant subi le harcèlement sexuel en Égypte. Et 96,5 ont subi un harcèlement physique. Et Al Azhar n'a pas bougé le petit doigt"

"Légende: Non à l'immixtion dans les affaires internes de la Tunisie"

Mardi, le bureau de l'adjoint du grand Imam d'Al Azhar Abbas Shuman a descendu en flamme les propositions -à savoir l'égalité dans l'héritage mais également la possibilité de se marier à un non-musulman- du président de la République tunisienne Béji Caid Essebsi.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, celui-ci affirme que l'égalité dans l'héritage "porte atteinte à la femme, n'est pas juste avec elle et est contraire à la chariaâ islamique".

Indiquant que cette question est tranchée dans la sourat "Al nissa", il affirme que "tous les savants se sont entendus" dessus.

Dans un communiqué publié lundi sur sa page Facebook, l'office de l'Ifta de la République tunisienne a tenu a féliciter la femme tunisienne et a appuyer sans les nommer les proposition faites par Béji Caid Essebsi lors de la fête de la femme.

En marge de la fête du 13 août, le président de la République avait en effet appelé à mettre en place une loi instaurant l'égalité dans l'héritage et l'annulation de la circulaire de 1973 qui interdit à une femme tunisienne de se marier un non-musulman.

Son appel a suscité de nombreuses réactions entre soutien et indignation.

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