Selon Yassine Brahim, il faut faire attention aux "listes de contrebandiers et de bandits" lors des municipales

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La Tunisie passe par une situation financière assez critique, a estimé le président d'Afek Tounes, Yassine Brahim, dans une interview accordée ce lundi 14 août 2017 à Cap Fm. "On a l'impression que le gouvernement reçoit tantôt une claque de la part du FMI, tantôt de la part de l'UGTT" a-t-il lancé. Le pays se trouve dans un engrenage de pressions qui dévoile une équation compliquée visant à combler le déficit budgétaire de l'État tout en maintenant un bon climat social.

Brahim a toutefois noté que les récents indicateurs économiques dénotent un certain retour à la normale en précisant que la situation économique en 2018 demeure fragile."En tant que parti bâtisseur, Afek Tounes tente de donner un coup de pouce au gouvernement afin de surmonter la crise et trouver des solutions concrètes pour améliorer la situation", a-t-il encore confié. Il a indiqué que son parti a mené dans ce sens la campagne "Kaied" pour encourager les jeunes à s'inscrire aux prochaines élections municipales. "Nous avons été choqués par l'état de désespoir des Tunisiens" a-t-il dénoncé en ajoutant que le rôle du politicien ne se limite pas à la lutte contre la corruption mais doit toucher d'autres aspects atteignant les préoccupations sociales des citoyens afin de redonner espoir et confiance.

"La corruption et l'argent sale en particulier en politique, c'est ce qui nous préoccupe le plus" a-t-il martelé. "Si l’argent sale prend le pouvoir, on ne sait plus où peut aller le pays" a-t-il répliqué en mettant en garde contre ce fléau et ses dangers. Il a aussi mentionné que, depuis la révolution, ce fléau est encore plus important, tout en saluant la campagne de lutte contre la corruption menée par Youssef Chahed.

Le dirigeant d'Afek Tounes a, par ailleurs, souligné la nécessité de mettre en place un garde-fou efficace qui évite tout dérapage lors des élections municipales. "Il faut bien faire attention concernant les listes indépendantes" a-t-il souligné. "On pourra bien trouver des listes de contrebandiers et de bandits", a-t-il argué. "La corruption au niveau régional pourrait être pire que celle à l'échelle nationale" a-t-il estimé.

D'autre part, Brahim a évoqué l'intention de son parti d'ouvrir le débat sur la possibilité de créer un Front progressiste, et ce avant la fin des vacances parlementaires. Il a noté que la question des alliances a été abordée, lors du conseil national du parti, tenu samedi, précisant qu’elles sont possibles pour les prochaines élections municipales, exprimant son ouverture à la société civile, aux forces politiques et aux indépendants.

Cette union, selon lui, pourrait rétablir un équilibre au sein de la scène politique notamment face à la menace croissante de l'alliance stratégique entre Ennahdha et Nidaa Tounes, impliquant une déviation des principes d’unité de 2015 évoqués dans l’Accord de Carthage. "Pour Afek, le duo Nidaa-Ennahdha constitue un danger pour la Tunisie" a-t-il dit.

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