Les partis politiques reviennent à la charge sur le thème de la vacance du pouvoir présidentiel

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SIGE DE LA PRSIDENCE
Liberté Algérie
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Le chef de l'Etat est-il en mesure d'assurer ses fonctions? C'est la question que se sont posés les partis politiques ce week-end quelques jours après les instructions présidentielles adressées au premier ministre et le canal "peu institutionnel" utilisé pour le faire. A nouveau le débat sur "qui est aux commandes à El Mouradia"? agite la sphère politique et suscite des interrogations de part et d'autres.

Si le Front des Forces Socialistes (FFS) évite, habituellement de personnaliser les problèmes, et place le débat plutôt sur le plan de la légitimité du pouvoir et du délitement institutionnel qui s’est fortement accentué avec le quatrième mandat, son chargé à l’organique et à la communication, parle carrément d'"institutions de l’État qui ne fonctionnent pas selon les textes fondamentaux du pays, mais à travers des canaux inhabituels".
Pour lui les instructions du chef de l'Etat, "sont claires: laisser en paix les forces de l’argent, élaborer des lois antisociales et faire payer la crise aux citoyens à travers la révision du dossier des transferts sociaux, les lois de finances et épargner les forces de l’argent soutenues par le sérail".

Un discours qui rompt avec le discours traditionnellement très diplomatique pour ne pas dire "de bois" qui a accompagné la campagne du parti de feu Aït Ahmed pour le consensus. Le chargé de la communication du FFS a été clair, tranchant et a donné une lecture politique limpide à la situation du pays.

Les partis de Djilali Sofiane ou celui de Ali Benflis ne perdent pas de vue, quant à eux, la "vacance" du pouvoir et la nécessité de mettre en oeuvre l'article 102 de la constitution.

La mise en oeuvre de l'article 102 réclamée

Dans un communiqué transmis aux rédactions, Djilali Sofiane ne va pas de main morte et qualifie la situation du pays de "Coup d'Etat rampant". Pour le président de Jil Al Jadid "Les parrains du 4ème mandat sont maintenant à découvert."

Djilali Sofiane affirme, dans ce sillage, que "le transfert des prérogatives du Président de la République à son entourage, avec sa bénédiction, du fait de son invalidité croissante, s’est réalisé avec de larges complicités."

"La crise ouverte à El Alia ne se résorbera pas par le départ du Premier Ministre", affirme-t-il et d'ajouter "le gouvernement Tebboune est donc en position de refuser toute décision pour le démettre, puisque n’émanant pas de la volonté publique du "Président officiel", et pourra de ce fait dénoncer toute tentative en ce sens avec des arguments définitifs sur la vacance de la Présidence et plus gravement encore, sur l’usage illégale de ses prérogatives constitutionnelles par de tierces personnes !".

Et de conclure "seule maintenant la mise en œuvre rapide de l’article 102 de la constitution, à défaut d’une démission en bonne et due forme du Président de la république, pourra éviter à l’Algérie une aventure gravissime".

Le parti de Ali Benflis relève, pour sa part, une "grande confusion créée au sommet de l’État". Signe pour le parti de l'ancien chef du Gouvernement de "l’exacerbation de la lutte des clans au sein et à la périphérie du pouvoir, avec en perspective l’échéance de 2019".

Pour Talai" Al Hourriyates "la vacance du pouvoir" est réelle et contribue à une collusion douteuise entre les politiques et les milieux des Affaires. "la "vacance du pouvoir et la neutralisation des contre-pouvoirs ont facilité la mise en place d’un système opaque basé sur une collusion d’intérêts entre des gouvernants et des milieux d’affaires".

Pour le parti de Ali Benflis la guerre qui a éclaté au grand jour cet été n'est nullement dirigée contre les corrompus, mais plutôt "contre ceux qui auraient tenté de franchir cette ligne rouge, qu’ils soient personnalités politiques ou détenteurs des produits de la rente".

Vous souvenez-vous de la lettre des 19?

A contrario, le parti des travailleurs, lui avait dénoncé il y a quelques jours "une campagne haineuse contre le premier ministre". Pour le parti de Louisa Hanoune, "la cabale médiatico-politique" est "orchestrée par les centres prédateurs des biens de la collectivité nationale et l’oligarchie qui s’enrichit à partir du siphonnage des fonds publics et la dilapidation des biens publics".

Ceci n'est pas sans rappeler la lettre des 19 personnalités qui avaient réclamé en novembre 2015 de rencontrer le chef de l'Etat pour s'assurer qu'il était au courant de toutes les mesures qui étaient prises en son nom.

A l'époque déjà, la question de qui tient les commandes à El Mouradia, ou Zeralda, c'est selon s'était posée avec acuité. Le pouvoir avait opposé une fin de non-recevoir à la demande d'audience.

Dans un vide politique où le décryptage se fait sur la mode des "kremnilogues" des derniers temps brejnéviens, les analystes sont réduits à nourrir des suspicions qui se renforcent de jour en jour dans un un indescriptible charivari.

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