Festival "Juste pour rire" d'Agadir: "Il y a une complémentarité entre nous et le Marrakech du rire"

Publication: Mis à jour:
Imprimer

HUMOUR - C'est presque un an et demi de travail qui va bientôt se concrétiser pour Oussama El Khaili. Ce natif d'Agadir a, avec un groupe de jeunes acteurs associatifs, décidé de lancer un festival culturel dans la ville du sud. Ils choisissent alors de solliciter "Juste pour rire", une entreprise qui produit des festivals dédiés à l'humour, souvent surnommée la "multinationale du rire".

Il faut dire que ce festival franchise son nom depuis un certains nombres d'années. Ainsi, après Montréal, Toronto, Sydney, Londres, Bruxelles, Lyon et Johannesburg, Victor, la célèbre mascotte du groupe "Juste pour rire", qui fête cette année ses 35 ans d’existence, posera ses valises dans la première station balnéaire nationale, du 23 au 26 août.

Mais "Juste pour rire" est également célèbre à travers le monde grâce à un programme très connu des Marocains, les fameuses caméras cachées. "Cette mascotte est reconnaissable à travers le monde" explique au HuffPost Maroc Oussama El Khaili, président de l'association initiatrice de l'événement.

Avec ce dernier, nous sommes revenus sur les prémices de ce festival, l'implication de la société "Juste pour rire" ainsi que l'impact que pourrait avoir cet évènement sur la ville d'Agadir.

oussama el khaili

HuffPost Maroc: Quelle est la genèse de ce projet?

Oussama El Khaili: Ce projet a été porté par de jeunes agadiris, pour la plupart entrepreneurs, qui ont voulu un jour "faire bouger les choses", et palier le manque d'activités culturelles de la ville. Aujourd'hui, les grandes villes touristiques vivent également à travers les évènements culturels qu'elle organisent. Agadir à des festivals, mais pas de renommée comparable au Festival du film de Marrakech ou au Festival de musique Gnaoua d'Essaouira. Créer un nom est compliqué, cela prend du temps. Pour certains festivals au Maroc, cela a pris 10 ou 15 ans avant qu'ils deviennent reconnus.

Comment avez-vous procédé pour lancer ce festival?

Il nous fallait une base solide. J'ai rencontré Gilbert Rozon, fondateur de "Juste pour rire", qui m'a parlé du système de franchise de la marque et cela nous a intéressés. Le groupe existe depuis 35 ans, ils sont présents dans 12 villes, et ils ont surtout une mascotte que tout le monde connait. Car il ne faut pas oublier que le Marocain est très visuel: quand on montre la mascotte, tout le monde la reconnait!

Comment avez-vous réussi à convaincre les acteurs locaux?

Cela fait plus d'un an et demi que je travaille sur ce projet. Il y a en effet eu beaucoup de personnes à convaincre. Mais dans ma quête, j'ai croisé la route de Zineb El Alaoui, ancienne wali de la région Souss-Massa, qui a entendu parler du projet. Elle nous a beaucoup aidés à obtenir des supports et des contacts. On a été soutenus par le conseil régional du tourisme, le maire, la région... C'est un projet encouragé par les politiques locaux.

Et du côté de "Juste pour rire", comment s'est déroulé cette collaboration?

Avec "Juste pour rire", on n'est pas lâchés dans la nature, l'entreprise est certes présente partout dans le monde, mais pour Gilbert Rozon, c'est plus intéressant de développer une équipe locale adaptée au pays. On a eu une formation, pendant un an, on a été conseillés. Gilles Morin, vice-président du groupe, a fait le déplacement 5 fois, des formateurs sont venus, on a fait valider nos choix de visuels... Mais malgré tout, nous gardons une certaine liberté pour faire de ce festival un festival marocain. Victor, par exemple, a été "marocanisé" pour l'occasion.

victor

Qu'est ce qui pousse "Juste pour rire" à investir à Agadir?

Gilles Morin est venu en avril dernier, il a visité Agadir et les infrastructures de la ville, les hôtels, a rencontré les responsables politiques. Ils sont venus, ils ont vu ce côté ville "challenger" qui les intéresse. "Juste pour rire" nous rapporte une image mais eux, cela leur rapporte le fait de participer au projet global d'une ville.

Ce festival a l'air plus tourné vers les artistes arabophones que le "Marrakech du rire", pourquoi avoir fait ce choix?

Tout d'abord, il est important de dire qu'il n'y a aucune concurrence entre nous et la famille Debbouze, c'est une famille qui est très proche de "Juste pour rire" et Gilbert Rozon. Le Maroc est un grand pays qui peut attirer plusieurs manifestations humoristiques.

Il faut savoir qu'avec le MDR, il y a une complémentarité, c'est un choix de faire un spectacle un peu plus orienté arabophone car nous souhaitons être un tremplin et créer un pont entre les artistes. On a d'ailleurs un spectacle inédit qui réunit les trois pays du Maghreb, avec comme représentant du Maroc Eko, Abdelkader Secteur pour l'Algérie et Lotfi Abdelli pour la Tunisie. Ces trois artistes trépignent à l'idée de ce spectacle! On oublie parfois que l'on fait partie du Maghreb arabe, malheureusement certaines choses font que c'est pas toujours rose, mais les artistes ont vraiment envie de jouer ce spectacle.

Des noms comme Eko, Abdelkader Secteur, Lotfi Abdelli, Booder, Roman Frayssin et les artistes amazighs Rachid Aslal, Mustapha Sghir, Lahcen chawchaw font partie de la palette de comédiens du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, de France, de Belgique et de Côte d'Ivoire, annoncés pour ce rendez-vous.

LIRE AUSSI: