Au Maroc, si les jeunes sont plus instruits, 10% ne sont jamais allés à l'école

Publication: Mis à jour:
Imprimer

JEUNESSE - Chaque année, le 12 août, le monde célèbre la journée internationale de la jeunesse. À cette occasion, le Haut commissariat au plan (HCP) a publié samedi une note d'information livrant quelques données chiffrées sur la jeunesse marocaine, et notamment son niveau d'instruction.

Malgré de nets progrès en la matière depuis 2004, date de l'avant-dernier recensement où près de 30% des jeunes de 15 à 24 ans étaient encore analphabètes, ce taux reste relativement élevé puisqu'il se situe aujourd'hui à 11% pour la même tranche d'âge, selon le dernier recensement de 2014.

Plus de filles analphabètes que de garçons

Les jeunes sont donc globalement moins exposés à l’analphabétisme (le taux est de 32,2% pour l’ensemble de la population), mais des disparités existent, notamment entre garçons et filles, et en fonction du lieu de résidence.

Ainsi, en 2014, 14,8% des jeunes filles sont analphabètes contre 7,2% des garçons. Ce taux est de 4,6% dans le milieu urbain contre 20,1% dans le milieu rural.

Par région, les taux d'analphabétisme des jeunes de 15 à 24 ans varient de 4% à Laâyoune-Sakia El Hamra à 13,3% à Béni Mellal-Khénifra, précise l'institution chargée de la production statistique au Maroc.

10% des jeunes ont accédé aux études supérieures

S'il y a moins de jeunes analphabètes, cela ne veut pas dire que tout le monde va à l'école pour autant. Bien au contraire. En 2014, 10,1% des jeunes de 15-24 ans n’ont aucun niveau d’instruction. Là aussi, les garçons sont mieux lotis que les filles: 14% des jeunes filles n’ont aucun niveau d’instruction contre 6,1% des jeunes garçons. A noter qu'en 2004, près de 40% des filles n'étaient jamais allées à l'école.

Dans le détail, 24,8% des jeunes ont le niveau primaire (24,4% en 2004), 29,6% le niveau secondaire collégial (25,9% en 2004), 24,7% le niveau secondaire qualifiant (14,6% en 2004), et 10% le niveau supérieur (5% en 2004), précise le HCP. Selon le dernier recensement, 69,5% des jeunes garçons ont bénéficié d’une formation du secondaire ou du supérieur, et 59% des jeunes filles.

Le niveau d'instruction varie également en fonction du lieu de résidence: 4,3% des jeunes sans niveau d’instruction résident en milieu urbain, contre 18,4% en milieu rural. Les jeunes ayant un niveau du secondaire qualifiant sont plus nombreux à vivre en ville qu'à la campagne, de même que ceux ayant atteint un niveau d'études supérieures.

Les jeunes travaillent moins

Enfin, le nombre de jeunes qui travaillent baisse. Une bonne nouvelle pour les mineurs, mais pas pour ceux en âge de travailler. Le taux d’activité des jeunes de 15 à 24 ans est ainsi passé de 47% à 35,2% entre 2004 et 2014. Il est de 38,6% dans les campagnes, contre 32,8% dans les villes. Il concerne davantage les garçons, dont plus de la moitié de cette tranche d'âge travaille, que les jeunes filles (17,9%).

Les jeunes travaillent davantage dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Dakhla-Oued Ed Dahab. Les taux s'élèvent à 42,2% et 41,6% respectivement, dépassent le taux national de 35,2%. Les régions de Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, l’Oriental et Marrakech-Safi présentent des niveaux proches du taux national.

En revanche, c’est dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (32,5%), Souss-Massa (29,7%), Drâa-Tafilalet (28,2%) et Guelmim-Oued Noun (26,3%), où l’on observe les plus faibles taux d’activité des jeunes, conclut le HCP.

LIRE AUSSI: Entre jeunesse dorée et jeunesse tout court, comment je vis mon adolescence au Maroc