"Je ne suis pas d'accord avec ceux qui veulent faire de la Tunisie un État à gauche" affirme Béji Caid Essebsi

Publication: Mis à jour:
BEJI CAID
FETHI BELAID via Getty Images
Imprimer

À mi-mandat, le président de la République a accordé une interview exclusive au magazine Leaders. où plusieurs questions épineuses ont été abordées: de la loi sur la réconciliation "administrative" à l'amendement de la constitution en passant par la crise de Nidaa Tounes. Le président a, par ailleurs, livré son avis sur Youssef Chahed et son opération "main propre", sur Ghannouchi et ses liens avec Ennhdha ou même sa position envers la gauche.

"Je suis le garant de la Constitution"

Décider de réviser la constitution revient au peuple, a indiqué Caid Essebsi. Malgré les lacunes, la décision d'amender la constitution est entre les mains du peuple. "J’en suis le garant. Je ne prendrai pas l’initiative de sa révision"a-t-il souligné.

"Youssef Chahed, je le soutiens pleinement"

Youssef Chahed a besoin de l’appui et du concours de tous, à commencer par celui du président de la République pour "la réalisation du programme du gouvernement", a -t-il indiqué.

Il a estimé le jeune Chef du gouvernement fait face à une situation difficile et compliquée. Seulement, il n’a pas pu profiter du soutien nécessaire. "Ceux qui évoquent des divergences entre le président de la République et le Chef du gouvernement se leurrent totalement. Chacun est dans son rôle et chacun est dans son statut. Pourquoi voulez-vous que le Chef du gouvernement s’oppose au Chef de l’État et vice-versa?" a-t-il dit.

Nidaa n'est pas mort

Selon le président de la République et fondateur du parti, Nidaa Tounes passe par une période difficile. "Il a des difficultés, comme nombre d’autres partis, même s’il en a la plus grande part" a-t-il estimé en appelant à favoriser un meilleur équilibre sur la scène politique où toutes les sensibilités politiques y seraient représentées.

Et qu'en est-il d'Ennahdha?

"Tant que ce parti s’inscrit dans la lignée générale du pays, nous collaborerons avec lui" a noté Caid Essebsi. Il a rappelé que son devoir demeure de garantir la participation de toutes les sensibilités politiques malgré les divergences.

Il a d'ailleurs précisé que son affinité envers le mouvement Ennahdha entre dans ce cadre. "Tant que ce parti reconnaîtra l’État et avancera dans le bon sens, j’en tiendrai bien compte" a-t-il dit. "Je ne dois rien à ce parti, y compris dans mon élection à la présidence de la République. Même si Rached Ghannouchi m’affirme avoir voté pour moi" a-t-il renchéri.

"je ne suis pas d’accord avec eux quand ils veulent faire de la Tunisie un État à gauche"

Indiquant n'avoir "aucun problème" avec la gauche Béji Caid Essebsi indique que "Notre pays doit être foncièrement contre. Notre société est très attachée à la modération du centre, regroupant les diverses expressions" a-t-il noté en soulignant que les dispositions de la Constitution proclament que l’État est civil pour un peuple musulman. "Nous devons prendre en considération ces aspects et nous ne pouvons pas prendre la moindre mesure qui risque de heurter le sentiment national des Tunisiens" a-t-il dit.

Pense-t-il à 2019?

"D’abord, qui vous dit que je serai encore parmi vous? Chaque décision sera prise en son temps" a déclaré Caid Essebsi. "D’ici 2019, j’espère que le peuple tunisien sera plus uni, et la situation générale dans le pays meilleure. Seul le verdict des urnes comptera" a-t-il enchainé.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.