Bank Al Maghrib: un duel Mezouar-Bouhemou pour succéder à Abdellatif Jouahri?

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SALAHEDDINE MEZOUAR HASSAN BOUHEMOU
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ÉCONOMIE - Depuis plusieurs jours, la rumeur enfle quant à la nomination "imminente" d’un successeur à Abdellatif Jouahri, actuel gouverneur de la banque centrale marocaine. Jouahri, 78 ans dont treize à la tête de l’institution, serait en effet donné comme partant, et les deux profils les plus cités pour le remplacer, notamment par nos confrères du site arabophone d’information Al Aoual seraient Salaheddine Mezouar, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-patron du Rassemblement national des indépendants (RNI), et Hassan Bouhemou, ancien dirigeant de la holding royale SNI.

Selon des données fiables obtenues par le HuffPost Maroc auprès de sources proches du dossier, le départ éventuel de Jouahri ne serait pas lié aux cafouillages récents autour de la flottabilité du dirham, comme cela a pu être évoqué, mais découlerait plutôt d’une requête personnelle du principal intéressé, qui aurait demandé à être déchargé de ses fonctions il y a de cela plusieurs mois, invoquant la "lourdeur de la tâche" et la "fatigue" y afférent.

C’est suite à cette demande de Jouahri que le processus de réflexion autour des candidats potentiels aurait été enclenché, la liste s’étant au fil des mois réduit aux deux candidats que seraient Mezouar et Bouhemou, aux profils certes asymétriques, mais qui peuvent tous deux faire valoir de solides arguments et réseaux au cœur du pouvoir.

Mezouar, expérience ministérielle et politique

D’un côté, Salaheddine Mezouar, 64 ans. Au cours des quinze dernières années, il a occupé plusieurs postes ministériels dont l’Industrie, les Finances, puis les Affaires étrangères. Auparavant, il a eu une longue carrière dans le secteur privé, notamment dans le textile où il dirigea une filiale d’une grande société multinationale.

Diplômé de l’ISCAE et de l’INSEAD, il est la figure emblématique du premier plan sectoriel de développement de l’industrie, émergence, qu’il a lancé avec le concours du cabinet de conseil en stratégie McKinsey. En 2009, il est à la tête d’un "coup d’État" pour renverser le patron du RNI, Mustapha Mansouri, auquel il succède à la tête de la formation, jusqu’à l’hiver dernier où il démissionne suite à l’échec du RNI aux législatives.

Durant son passage au gouvernement en tant que ministre des Finances, il fut au cœur d’une polémique autour de versement de primes par la trésorerie générale, qui fragilisa son image. Il conserve toutefois d'importants appuis au sein du pouvoir et a acquis un solide portefeuille relationnel étoffé par sa présidence de la COP22, qui court encore jusqu’en novembre prochain.

Bouhemou, un financier madré

De l’autre côté, Hassan Bouhemou, 49 ans. Ce polytechnicien et ingénieur de l’école des mines a fait l’essentiel de sa carrière au sein de la holding royale, dont il a été l’architecte de la transformation à travers notamment la rotation actionnariale ONA/SNI, puis son recentrage sur un nouveau bloc stratégique à partir de 2011.

Considéré comme l’un des financiers les plus brillants de sa génération, Bouhemou a quitté la SNI à l’été 2014, et s’est depuis fait très discret, des rumeurs le donnant tour à tour comme successeur potentiel de Mostafa Terrab à la tête de l’OCP, ou rejoignant le patron du groupe Casino, Jean-Charles Naouri.

La candidature de Bouhemou, si elle se confirmait, aurait l’avantage du renouvellement générationnel et de la prime à la technicité, là où celle de Mezouar reste, de l’avis des observateurs du dossier, plus conventionnelle et politique.

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