Au Forum de la jeunesse du PJD, Benkirane appelle le roi à désamorcer la crise d'Al Hoceima

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FORUM - Abdelilah Benkirane a troqué son costume-cravate contre une gandoura fassie. Quoi de plus normal, le secrétaire général du PJD a fait escale, ce week-end, dans la capitale spirituelle du Maroc, pour rencontrer la jeunesse du PJD qui tient son 13e forum du 5 au 13 août à Fès.

Lors de ses premières retrouvailles avec les jeunes de son parti, après son départ de la tête du gouvernement, il est revenu sur le parcours du PJD, sur son aventure politique, les partis qui "complotent" contre lui, mais aussi les embûches qui entravent toujours les réformes nationales.

A l’ouverture du forum, Benkirane s’est ainsi arrêté sur la crise d’Al Hoceima. "Ce qui se passe à Al Hoceima nous fait mal. On ne veut pas que la situation reste sur ce qu’elle est, aujourd’hui", déclare-t-il. Et de regretter les événements dont souffrent les habitants d’Al Hoceima, mais aussi les forces de l’ordre.

A ses yeux, aucune des deux parties n’a à souffrir. Selon lui, le temps est venu pour désamorcer la crise une fois pour toutes. "Je demande au roi de mettre fin à ce qui se passe à Al Hoceima", lance-t-il. Pour Benkirane, il n’y a plus "d’autre choix", à l’état actuel des choses, que de faire appel au souverain. L’ancien chef du gouvernement se dit confiant quant à l’issue de la situation si le roi intervient.

Et si on était à la place du PAM?

Soulever la crise du Rif, c’est aussi, pour Benkirane, mettre le doigt sur les responsabilités politiques. Le PAM, à la tête de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, est bien entendu, pour le PJD, le premier à devoir en répondre. Critiquant le parti du tracteur, Benkirane a remis en question de nouveau sa crédibilité. "Je ne sais pas comment ce parti a réussi à gagner 102 sièges au parlement. Personnellement, je n’en connais que 2, les 100 autres, je ne sais pas d’où ils viennent", s’interroge-t-il, suscitant les rires de l’assistance venue nombreuse à l’ouverture de ce forum.

Benkirane n’a pas raté l’occasion de soulever également l’hypothèse: "et si on était à la tête de la région, à la place du PAM?". Une réponse? Non, Benkirane n’en cherchait pas une mais il tenait, par contre, à souligner "l’inefficacité" de son adversaire de toujours au niveau local. Dénonçant la gestion du PAM au niveau de cette région, Benkirane a estimé que les récentes missions du président de la région, dont il n’a pas cité le nom, à la recherche d’investisseurs, notamment aux Etats-Unis, "ne servent à rien", dans cet état des choses.

"Libre et indépendant"

Pour Benkirane, l’exercice de la politique est une école dans laquelle on apprend à côtoyer les pressions, à dépasser les épreuves. "Vous avez choisi le PJD, j’ai pitié de vous!", lance-t-il à la jeunesse du PJD. C’est ainsi que le leader du parti de la lampe résume à sa manière le dur labeur que le parti a dû parcourir pour être reconnu, vivre et survivre aux embûches qui entravent son évolution.

"Liberté et indépendance", répète Benkirane, comme pour graver dans les mémoires l’importance de ces deux principes. Pour lui, le parti en a payé le prix fort, mais sans jamais y renoncer. "Nous avons joué un rôle dans la stabilité de notre pays (…) le roi nous a défendus en 2003", rappelle-t-il, soulignant sa conviction de l’importance que revêt la monarchie dans le maintien de la stabilité du Maroc.

Revenant sur le blocage qu’a connu le gouvernement, Benkirane a regretté que le parti de l’Istiqlal ne fasse partie de la majorité. "C’est le parti le plus proche de nous", confie-t-il. Quant à sa place au sein du parti, Benkirane a indiqué qu’il souhaitait "poursuivre son rôle", avec ou sans mandat de secrétaire général.

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