Venezuela: Des hommes en tenue militaire, qualifiés de "terroristes" par le pouvoir, attaquent une base de l'armée

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VENEZUELA - La situation reste floue au Venezuela. Le gouvernement a affirmé avoir déjoué dimanche 6 août, une "attaque terroriste", après l'apparition d'une vidéo montrant des hommes en tenue militaire se déclarant en rébellion contre le président socialiste Nicolas Maduro.

Ces événements se sont déroulés dans une base militaire de Valencia, à 180 km au nord de Caracas. Il s'agit d'une "attaque terroriste de type paramilitaire", a affirmé dans un communiqué le ministre de la Défense, Vladimir Padrino.

Elle a été "perpétrée par un groupe de délinquants civils portant des tenues militaires et un lieutenant déserteur", a assuré le ministre, qui l'a qualifiée de "spectacle de propagande" et d'"acte désespéré".

Un lourd dispositif militaire, avec notamment des blindés, était déployé dimanche matin aux alentours de la base militaire de Valencia survolée par des hélicoptères, selon des journalistes de l'AFP sur place, qui ont également entendu plusieurs détonations au loin. Un mort et un blessé grave sont à déplorer du côté des assaillants.

Les attaquants ont été "immédiatement repoussés", a ajouté le ministre. Un haut responsable militaire, le général Remigio Ceballos, a précisé que sept d'entre eux avaient été arrêtés et qu'ils "livraient des renseignements".

"Des militants de l'extrême droite"

Selon le ministre de la Défense, les prisonniers ont avoué avoir été recrutés "par des militants de l'extrême droite vénézuélienne en contact avec des gouvernements étrangers", et les forces de sécurité sont encore à la recherche "d'une partie du groupe, qui a réussi à s'emparer de quelques armes".

Une vidéo supposément tournée dans la base militaire de Valencia circulait dimanche sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias vénézuéliens. Elle montrait un homme se présentant comme un officier et se déclarant "en rébellion légitime" contre "la tyrannie assassine de Nicolas Maduro".

"Ceci n'est pas un coup d'Etat, ceci est une action civique et militaire pour rétablir l'ordre constitutionnel", affirmait cet homme, se présentant sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de quinze personnes en tenue de camouflage, certaines d'entre elles armées. "Nous exigeons la formation immédiate d'un gouvernement de transition et des élections générales libres", ajoutait-il.

Le ministère de la Défense, qui n'a pas communiqué le nom de l'auteur présumé de l'attaque, a indiqué qu'il s'agissait d'un "officier subalterne renvoyé de l'armée il y a trois ans pour trahison à la patrie et rébellion" et qui avait fui aux Etats-Unis.

"Normalité absolue"

Principal pilier du pouvoir chaviste, la puissante armée vénézuélienne est jusqu'à présent restée sourde aux appels de l'opposition à la rejoindre, alors que le pays est secoué par une vague de manifestations antigouvernementales qui ont fait 125 morts depuis avril. Le président Maduro affirme fréquemment être la cible d'un complot orchestré par l'opposition avec le soutien de Washington.

"Une normalité absolue règne dans le reste des unités militaires du pays", a assuré sur Twitter Diosdado Cabello, vice-président du parti au pouvoir et membre de la toute puissante Assemblée constituante. "Ceux qui rêvent du contraire se heurteront au moral de la Force armée nationale bolivarienne", a-t-il averti.

Cette "attaque terroriste" qui aurait visé l'armée est intervenue alors que la Constituante, élue le 30 juillet et contestée par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale, a entamé samedi ses travaux par un coup d'éclat, en destituant la procureure générale Luisa Ortega, l'une des principales adversaires du président Maduro.

Ce limogeage risque d'empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime. Le Mercosur, le marché commun d'Amérique du sud, a suspendu samedi le Venezuela "pour rupture de l'ordre démocratique". Le Pérou a convoqué pour mardi une réunion des ministres des Affaires étrangères de quatorze pays latino-américains pour discuter de la crise.

Présidée par l'ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, une fidèle de Nicolas Maduro, la Constituante est dotée de tous les pouvoirs, y compris de dissoudre le Parlement, et veut notamment réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez. Maduro lui a fixé pour mission d'apporter la "paix" et de redresser l'économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

Après l'annonce de l'"attaque" de dimanche matin, la Constituante a suspendu ses travaux. Elle devait initialement mettre en place une commission chargée d'enquêter sur les "crimes" commis pendant les manifestations antigouvernementales.

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