Ismail et Bassam, deux DJ marocains qui se sont fait un nom à Paris

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Avec Distrikt Paris, ils misent sur la qualité | DR
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MUSIQUE - L'électro fait peu à peu son nid au Maroc. Mais, de l'autre côté de la Méditerranée, les choses bougent aussi pour les Marocains. Ismail Bouchkhi et Bassam Idbaali, tous deux DJ installés en France, se sont fait un nom depuis quelques temps dans les meilleurs coins électro de Paris. Aujourd'hui, ils sont aussi à la tête de l'un des collectifs les plus en vogue de la scène électro parisienne, Distrikt Paris.

Ismail et Bassam se sont bien trouvés. Tous deux originaires du Maroc (Errachidia pour Ismail, Casablanca pour Bassam), ils ont atterri à Paris, leur baccalauréat en poche, pour suivre leurs études. Aujourd'hui, ils sont tous les deux ingénieurs et DJ.

Ismail, dit ESCKO, se tourne vers des styles musicaux alternatifs dès son plus jeune âge. "Quand je vivais à Errachidia, on organisait des petites soirées dans le désert de Merzouga entre amis. A l'époque, on écoutait beaucoup de psytrance, le seul courant musical qui proposait un esprit alternatif aux soirées en club au Maroc. Un courant et une vibe qui me sont très chers jusqu'à présent", raconte Ismail au HuffPost Maroc. Mais c'est en arrivant en France qu'il découvre l'électro et plus particulièrement la minimale. Il prend, ensuite, la route des festivals et clubs underground d'Europe.

Bassam a, quant à lui, commencé la musique étant petit. Il a pris des cours de solfège, piano, et guitare. Arrivé à l'adolescence et aux premières sorties, il est transporté par la musique électro. "Avec Internet, c'était un véritable plaisir de naviguer dans différentes plateformes et découvrir la musique électronique, à travers le monde, sans aucune frontière. C'est un peu comme ça que mon goût s'est confectionné pour l'électro. Mais le fait marquant est définitivement mon arrivée en Europe et la découverte de la scène parisienne fin 2010. Là, c'était plus qu'un coup de foudre", confie-t-il.

Devenir DJ, inévitable

Le coup de foudre se transforme en passion. Après une semaine de travail, ils enlèvent tous les deux leurs "costumes" d'ingénieurs et prennent place derrière les platines. Ismail a appris tout seul: "plusieurs heures d’entraînements à la maison, une multitude de sets dans les bars ou les petits clubs de la capitale et, avec le temps, ma technique s’améliore et mes goûts musicaux se précisent".

Pour Bassam, l'évidence a pris forme grâce aux rencontres "avec des personnes qui m'ont, d'une manière ou d'une autre, permis de goûter à mes premières sensations en tant que DJ".

La rencontre et Distrikt Paris

"Nous avions des amis en commun, je pense que l'on se connaissait sans vraiment se connaître. Ismail m'a contacté un jour en me proposant de lancer un projet d'event à Paris. On a tout de suite matché, que ce soit au sujet de la direction artistique à donner au projet ou encore l'esprit que l'on voulait défendre. Nous étions avant tout des DJ, puis nous avons pu nous entourer de personnes passionnées et motivées partageant notre vision. Cela nous a permis de mettre à l'oeuvre, et sur les bons rails, le projet Distrikt Paris fin 2015", explique Bassam.

Avec Distrikt, ils organisent des soirées électro underground dans la capitale française. "Notre concept s'appuie sur la qualité et non sur la quantité en organisant des événements à taille humaine tout en proposant des plateaux musicaux cohérents favorisant la découverte artistique, ainsi que la convivialité au dépend du confort que peut procurer le déjà vu/écouté. Nous accordons une grande importance au bien-être de notre public, en lui proposant des espaces authentiques et originaux avec des prix imbattables", fait valoir Ismail.

Les deux artistes font aussi des sets dans les plus grands clubs parisiens comme le Rex Club ou Concrete. "Nos débuts étaient clairement marqués par la vibe minimale house avec une inspiration roumaine. Mais, de plus en plus, nous nous sommes élargis à d'autres moods musicaux tout en gardant une cohérence en terme de valeur ajoutée. Notre identité musicale et aussi pointue que diversifiée... mais s'inscrit clairement dans un créneau house/minimal/techno/electro!", confient les deux DJ.

Implanter le concept au Maroc

Reconnus en France, les deux DJ aimeraient proposer leur concept alternatif au Maroc. "Nous espérons sincèrement sortir le public marocain des sentiers battus. L'underground n'est pas que musical, c'est un état d'esprit et une manière de voir la culture", souligne Bassam. Pour eux, l'électro commence à s'ancrer au Maroc, étant bien représentée par, entre autres, le DJ Adil Hiani et son label Cosmo (qui sera leur invité le 12 août à Paris), les festivals comme l'Oasis ou l'Atlas Electronic à Marrakech et les collectifs comme Moroko Loko ou encore Re:Creation.

Mais il reste encore du travail à faire. "Voir des pays frères comme la Tunisie faire de belles choses à une époque sans que l'on puisse assurer à ce niveau était assez frustrant. Mais une scène ne se construit pas du jour au lendemain. Pour l'instant, la musique a conquis un bon nombre de jeunes et moins jeunes au Maroc, mais la culture reste à éprouver. L'esprit n'est pas toujours en adéquation avec la musique. A terme, je l’espère, cet aspect ne passera plus au second plan, et sera l'ingrédient des plus beaux projets à venir".

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