Le réchauffement climatique pourrait faire 152 000 morts par an en Europe d'ici à la fin du siècle

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GLOBAL WARMING EUROPE
The Eiffel Tower is surrounded by a small-particle haze which hangs above the skyline in Paris, France, December 9, 2016 as the City of Light experienced the worst air pollution in a decade. REUTERS/Gonzalo Fuentes | Gonzalo Fuentes / Reuters
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CLIMAT - Le réchauffement climatique pourrait tuer chaque année 152.000 personnes en Europe d'ici à la fin du siècle, prévient samedi une étude du Centre commun de recherche de la Commission européenne.

"Les vagues de chaleur, inondations, tempêtes et autres phénomènes extrêmes pourraient faire 152 000 morts par an en Europe d'ici à la fin du siècle, contre environ 3 000 par an actuellement, essentiellement à cause du réchauffement climatique", écrivent les auteurs de l'étude publiée dans la revue The Lancet Planetary Health.

Environ deux Européens sur trois pourraient être exposés tous les ans à de telles catastrophes d'ici à 2100, contre 5% durant la période 1981-2010, estiment les chercheurs, précisant que ceux-ci pourraient mourir, être blessés, malades, perdre leur logement ou subir des effets indirects comme un stress après l'événement.

"Si le réchauffement climatique n'est pas contenu d'urgence et si des mesures d'adaptation appropriées ne sont pas prises, environ 350 millions d'Européens pourraient être exposés tous les ans à des phénomènes climatiques extrêmes dangereux d'ici à la fin du siècle", soulignent-ils.

Les vagues de chaleur seront le phénomène le plus meurtrier

Pour réaliser cette étude, les scientifiques ont analysé les effets des sept catastrophes météorologiques les plus meurtrières: vagues de chaleur, vagues de froid, incendies, sécheresses, inondations fluviales et maritimes et tempêtes dans les 28 pays de l'Union européenne, plus la Suisse, la Norvège et l'Islande.

Leur analyse a également porté sur 2 300 catastrophes survenues durant la période 1981-2010 (type de catastrophe, pays, année, nombre de morts) en vue d’évaluer la vulnérabilité des populations à chacun de ces phénomènes. Les chercheurs ont associé ces données à des projections concernant l'évolution du changement climatique, la croissance et les migrations des populations.

Il ressort de leur étude que les vagues de chaleur seront le phénomène le plus meurtrier, provoquant 99% des décès liés aux événements extrêmes. Le nombre de morts qu'elles entraînent pourrait "augmenter de manière exponentielle", grimpant de 2.700 à 151 500 par an (+5.400%), estiment-ils.

Les morts dues aux inondations sur les côtes devraient aussi connaître une hausse significative (+3780%) pour atteindre, selon les projections, 233 morts tous les ans à la fin du siècle au lieu de six seulement en 1981-2010, alors que les hausses seront moindres pour les incendies (+138%), les inondations fluviales (+54%), les tempêtes (+20%).

Le sud plus affecté que le nord

Du fait du réchauffement, le nombre de morts à cause des vagues de froid va baisser fortement, sans pour autant compenser ces hausses, soulignent les scientifiques, précisant que l'augmentation du nombre de morts est due pour 90% au réchauffement climatique et 10% seulement à l'augmentation de la population, à l'urbanisation et aux migrations dans des zones exposées aux risques.

Les auteurs de l'étude s'attendent à ce que l'Europe du sud soit plus affectée que celle du nord, avec un nombre de morts atteignant 700 par million de personnes tous les ans à la fin du siècle, contre 11 au début.

Leurs projections ont été basées sur des émissions de gaz à effet de serre plaçant la planète sur la trajectoire d'une hausse de la température mondiale de 3°C d'ici à 2100 par rapport à 1990.

En vertu de l'Accord de Paris, la communauté internationale s'est engagée en 2015 à limiter le réchauffement à 2°C par rapport à son niveau de la période pré-industrielle.

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