Décret de financement des productions étrangères: Le CCM énonce ses ambitions

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SARIM FASSI FIHRI
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CINÉMA - Une semaine après l'adoption du décret relatif à l'aide publique à la production cinématographique étrangère, le Centre cinématographique marocain a lancé une campagne de communication pour lutter contre les "fausses informations qui circulent dans la presse par rapport à ce décret", déclare Sarim Fassi Fihri, président du CCM, lors d'une conférence de presse organisée vendredi 4 août au siège du centre à Rabat.

Ce dernier s'est notamment longuement penché sur les modalités de ce décret et surtout ses potentiels apports économiques pour le Maroc.

Booster les productions étrangères

Ce décret est clairement pour le Maroc un moyen de booster les productions étrangères sur le territoire national. Pour Sarim Fassi Fihri, il peut permettre d'éviter que des situations comme celles observées lors du tournage d'"American Sniper" en 2014 se reproduisent. A l'époque, ce film, dont le tournage a duré deux semaines au Maroc, a par la suite délocalisé sa production aux États-Unis où les équipes ont reconstruit des décors en Californie.

Ce décret permettra ainsi aux productions étrangères dont le budget dépasse les 10 millions de dirhams et dont la durée de tournage est supérieure à 18 jours de se faire rembourser à mesure de 20% des dépenses faites au Maroc. "Cela dépendra des dépenses puisque tout ne sera pas remboursé", précise le président du CCM. Parmi les conditions, les paiements devront être faits par chèque ou virements à des entreprises marocaines.

Le décret impose également un plafond annuel de remboursement de 100 millions de dirhams par an, un plafond qui selon le président du CCM "sera épuisé en quelques mois". Il n'exclut pas d'ailleurs la possibilité d'une augmentation de ce plafond dans le futur, citant notamment l'exemple de la Belgique où il est à 100 millions d'euros.

"Les régions devront prendre leurs responsabilités"

Le taux de remboursement devrait, de son côté, rester à 20%, selon Sarim Fassi Fihri. Cependant, par rapport au plan de régionalisation du Maroc, le président du CCM considère que les régions pourront mettre en place des taux différents pour attirer les investisseurs étrangers.

"Les régions devront prendre leurs responsabilités quant à la création d'emplois et de l'investissement", souligne-t-il, citant à nouveau le cas d'un autre pays européen, l'Espagne, où dans les îles Canaries le taux de remboursement est différent du reste de la péninsule ibérique pour booster justement la production cinématographique sur l'île.

Multiplier par trois le chiffre de l'investissement étranger

Des exemples à l'étranger, le CCM en donne plusieurs. En Wallonie par exemple, région du sud de la Belgique, le taux de remboursement est de 66%.

En Afrique du Sud, premier pays en matière de production cinématographique étrangère sur le continent africain où, "du moment que vous avez une clé USB, un budget et un scénario, vous avez le feu vert", explique le président du CCM, le minima est proche de celui du Maroc mais les bénéfices sont de 300 millions de dollars par an.

En tout cas, les ambitions du CCM sont claires: "multiplier par trois le chiffre de l'investissement étranger au Maroc d'ici 2018". Du côté des producteurs américains, Sarim Fassi Fihri l'affirme: ils vont répondre à l'appel. "J'ai eu des retours de leurs part quatre heures après l'annonce de l'adoption du décret", fait-il valoir. Le décret devrait rentrer en application d'ici le mois d'octobre.

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