"L'Art en Action": Lancement d'une campagne artistique de solidarité avec le Hirak

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HOCEIMA
Youssef Boudlal / Reuters
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SOLIDARITÉ - Ce n’est pas seulement avec des sit-in que le comité de soutien du Hirak à Casablanca compte continuer à défendre sa cause: la libération des détenus politiques. Il lance, samedi 5 août, une campagne dédiée à l’art sous toutes ses formes baptisée "L’Art en Action".

Pour l’inauguration de cet événement, ouvert au public, les projecteurs se tourneront vers les artistes rifains et rappeurs de tous bords, à partir de 17h au local de la CDT à Derb Omar.

"En dehors du soutien logistique aux familles des détenus du Hirak, le comité a mis en place un programme d’actions diverses. Au mois de juillet, il a été placé sous le signe de la solidarité féminine, alors que le mois d’août est consacré à la culture", explique au HuffPost Maroc Soraya El Kahlaoui, membre du comité de soutien au Hirak à Casablanca.

Hommage à Silya

L’artiste du Hirak, Silya, graciée samedi 29 juillet, ne sera pas de la partie. "Nous espérions qu’elle soit avec nous, mais elle est très fatiguée. Nous lui rendrons un vibrant hommage à l’occasion, notamment à travers une grande toile de son portrait réalisée par l’artiste marocain Houssine Benzaoual", indique cette militante.

Les familles des détenus, elles, seront là. "Leur coordinateur, Mohamed Ahamjik, frère du détenu Nabil Ahamjik, sera là avec des familles qui témoigneront de leur épreuve", précise-t-elle. Et d’ajouter que ce sera aussi l’occasion, pour elles, d’échanger avec les Casablancais, de "créer des liens sociaux".

Pour le comité de soutien du Hirak, si sa première revendication reste la libération des détenus, sa cause, elle, englobe tout un mouvement social, politique et culturel. La reconnaissance de l’amazighité en est un des éléments clés. "C’est pour cela que nous avons tenu à ce que des artistes d’Al Hoceima participent à cette soirée", souligne Soraya El Kahlaoui, se réjouissant de la présence à cette inauguration du groupe rifain "Agraf".

"Nous avions invité l’artiste rifain Soliman Kilati, également, mais il a un empêchement professionnel. Il sera remplacé par un autre groupe rifain. Nous aurons, aussi, des rappeurs connus sur la scène marocaine, dont Mehdi Black Wind, Hamza L’BS et Al Nacer", annonce Soraya El Kahlaoui qui, avec les membres du comité (une dizaine), prépare la campagne dont la cadence s’accélère à la veille du lancement.

Militants, bénévoles, apolitiques

"Nous sommes un comité de soutien et de plaidoyer indépendant. Nous ne sommes rattachés à aucune organisation politique ou autre et nous travaillons bénévolement", tient à préciser la militante.

Le choix du lieu, la CDT, n’a donc pas à prêté à confusion. Selon le comité, ce n’est jamais aisé d’organiser un événement à Casablanca et cette centrale syndicale leur a ouvert ses portes gratuitement.

Ainsi, chaque samedi du mois, il y aura, au même endroit, une activité culturelle alliant cinéma, théâtre et musique. Pour son premier opus, le comité aura l’occasion de mieux se faire connaître. Un film retraçant son action entamée depuis deux mois sera projeté. "Nous avons réussi à assurer la logistique pour les familles des détenus avant qu’elles ne s’organisent en coordination et que leur transport soit assuré par le CNDH", rappelle Soraya El Kahlaoui.

Des célébrités en soutien

D’autres vidéos seront également projetées au cours de cette première soirée du samedi. Les Casablancais pourront découvrir le documentaire "RIF 58-59: Briser le silence" réalisé par Tarik El Idrissi, ainsi qu’une capsule dans laquelle des personnalités témoignent de leur soutien au Hirak.

Parmi les plus connues, les réalisateurs Hicham Ayouch et Kamal Hachkar, la politologue française Françoise Vergès, la sociologue marocaine résidant en France Hanane Karimi et la sociologue irakienne basée à Londres Zahra Ali.

Dans le secteur politique, ce comité de soutien du Hirak précise n’avoir reçu qu’une vidéo, celle de Mohamed Bensaid Aït Idder, farouche militant de gauche, l’un des fondateurs du Parti socialiste unifié (PSU). "Nous espérons en recevoir d’autres", souhaite Soraya El Kahlaoui.

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