Ces chiffres vous diront si vous êtes prêt à devenir propriétaire immobilier en Tunisie

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Ça n'a jamais été évident de devenir propriétaire d'une maison ou d'un appartement en Tunisie, il s'agit d'ailleurs du but majeur de bon nombre de jeunes tunisiens, mais aussi de retraités cherchant à quitter les tracas de la location pour le bonheur de la propriété. Certains préfèrent avoir recours aux crédits bancaires, d'autres choisissent d'économiser, parfois durant toute une vie, pour pouvoir enfin s'offrir leur propre toit.

Dans ce contexte, un guide de poche paru au salon international de la construction et du bâtiment en mai 2016 expose les prix du mètre carré bâti un peu partout en Tunisie. Ces prix classés par région vous aideront peut-être à mieux évaluer le marché immobilier tunisien et prendre ainsi une décision plus réfléchie.

Dans le dernier recensement, les zones les plus chères selon ce guide sont Carthage, La Marsa, Sidi Bou Said, Les berges du lac, avec des prix dépassant les 3000dt par mètre carré bâti; s'ajoutent à ceux-là la zone d'El Kantaoui à Sousse, le Centre urbain nord à l'Ariana, certaines cités à Hammamet, les jardins de Carthage, ou encore Ain Zahgouan Nord avec des prix entre 2500 et 3000dt.

Quant aux régions les moins chères, toujours selon le même rapport, on trouve Hammam Chott, Raoued, ou encore El Mourouj avec des prix qui ne dépassent pas les 1600dt par mètre carré bâti.

Dans le gouvernorat de l'Ariana, les derniers prix recensés varient entre 1600dt à la cité El Ghazela à 2700dt à la cité Ennasr tandis qu'il y a 9 ans, les prix ne dépassaient pas 850dt et 1400dt respectivement dans les mêmes villes, et ce toujours par mètre carré bâti.

L'évolution du prix moyen dans le gouvernorat de l'Ariana affiche évidemment une courbe croissante qui s'est très légèrement infléchie en 2015 passant d'un prix moyen de 2067dt en 2015 à 2050dt en 2015.

evolution chart

Quant à la tendance générale qui représente également une courbe haussière, les prévisions montrent que le prix moyen dans le gouvernorat de l'Ariana pourrait dépasser la barre des 2500dt par mètre carré bâti en 2018.

trending courbe

Par ailleurs, dans le gouvernorat de La Manouba, les prix sont un peu plus cléments ne dépassant pas les 2000dt en 2015, aussi bien pour à Manouba ville qu'à Denden.

Ainsi, l'évolution de prix moyen par mètre carré bâti affiche la même baisse qu'au gouvernorat de l'Ariana en 2015. On y note que le prix moyen est passé de 1850dt en 2014 à 1800dt en 2015. Cette légère baisse des prix reste néanmoins sans explication dans le rapport du guide de poche, support source pour cette étude.

evolution chat mannouba

La courbe de tendance quant à elle prévoit des prix dépassant la barre des 2300dt par mètre carré bâti en 2018.

trending courbe mannouba

Toujours selon le même rapport, les prix du mètre carré bâti ont doublé dans la banlieue sud en l'espace de 7 ans. Ainsi, dans la région d'Ezzahra ils sont passés de 900dt en 2008 à 1800dt en 2015. La région la moins chère de la banlieue sud reste Hammam Chott avec un prix maximum de 1400dt en 2015.

Dans les villes du nord du pays, la hausse des prix du mètre carré bâti est nettement plus remarquable dans la ville de Bizerte qu'à Tabarka par exemple. En effet, les prix ont quasiment doublé en 7 ans à Bizerte passant de 950dt en 2008 à 1800dt en 2015, alors qu'à Tabarka ils n'ont pas dépassé la barre des 1600dt par mètre carré bâti, bien que les prix initiaux (2008) étaient pareils.

La différence dans les évolutions est d'ailleurs clairement visible dans ce graphique.

evolution chart bizerte tabarka

D'autre part, toujours dans les villes côtières, on observe une différence de prix relativement élevée entre la ville de Hammamet et la ville de Nabeul, deux villes pourtant limitrophes. En 2015, le prix du mètre carré bâti à Hammamet a atteint les 2800dt contre un prix maximal de 2000dt à Nabeul, une différence de 800dt probablement expliquée par la notoriété internationale de la ville de Hammamet.

La localité d'El Mrezgua située entre Hammamet et Nabeul a également connu une forte hausse des prix du mètre carré bâti, dépassant ainsi les prix de la ville de Kélibia. Ceci pourrait également être expliqué par sa proximité avec la ville de Hammamet, son aménagement considérable cette dernière décennie, ainsi que sa proximité avec la capitale.

Du côté des villes du Sahel, le rapport indique qu'El Kantaoui à Sousse enregistre les prix les plus élevés atteignant la barre des 3000dt par mètre carré bâti, se rapprochant ainsi des prix au Berges du lac 1 à Tunis. On retrouve également El Mahdia dont les prix ont doublé en 7 ans passant de 900dt en 2008 à 1800dt en 2015.

Les prix sont par contre plus raisonnables dans la ville de Hergla avec un mètre carré bâti ne dépassant pas 1650dt en 2015.

Pour la ville de Sfax, l'évolution est pratiquement la même, une baisse entre 2014 et 2015 a également été enregistrée.

Entre la ville, ses banlieues et Sfax El Jadida (nouvelle Sfax), les prix sont très proches avec des différences qui ne dépassent pas les 100dt. Toutefois, en 7 ans, les prix sont passés 800dt à 1700dt par mètre carré bâti à Sfax et ses banlieues, soit plus que le double a été constaté.

L'évolution pour les deux régions est illustrée dans ce graphique.

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Le prix de l'immobilier tunisien ne semble pas avoir été touché par la crise des "Subprimes" contrairement aux chutes de prix record enregistrées aux états-unis. L'évolution des prix en Tunisie n'a également pas suivi la tendance générale mondiale altérée par la crise financière de 2009.

Les chiffres à disposition semblent indiquer que les prix de l'immobilier continueront à augmenter et qu'il est peu probable qu'une chute significative survienne, du moins pour les années à venir.

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