Combat de coqs et Don Quichotte: Hamma Hammami et Mohsen Marzouk réagissent à l'interview de Rached Ghannouchi

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Mohamed Khalil/Fethi Belaid/AFP/Getty images
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Après le porte-parole de l'UGTT, plusieurs figures politiques se sont exprimées sur l'interview accordée mardi par le leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi à la chaine privée Nessma Tv.

Tout d'abord, le leader du Front Populaire Hammami a affirmé sur les ondes de Shems Fm que "maintenant tout est clair": "Alors que le pays traverse une crise économique, sociale, sécuritaire et même de valeurs, eux ils sont en train de se battre pour un poste".

"Nous avons des réserves sur Youssef Chahed, sur son gouvernement (...) mais hier on lui a clairement dit (...): 'fais attention, il y a d'autres personnes que toi qui pensent à 2019" affirme Hamma Hammami. Cela démontre selon lui "la crise profonde que connait la classe politique tunisienne".

Pour arrêter "ce combat de coqs pour un poste", il faut selon lui "organiser des élections présidentielles et législatives anticipées" car ces "combats d'intérêts se font sur le dos du peuple et du destin de celui-ci". Pour Hamma Hammami, "la crise politique va s'approfondir" si rien n'est fait prédisant un sort à la Habib Essid à Youssef Chahed: "S'il compte leur tenir tête, ils menaceront de lui faire ce qu'ils ont fait à Habib Essid, et c'était ça le message d'hier" note-t-il.

Un "Don Quichotte" version tunisienne selon Mohsen Marzouk

Interrogé par Akher Khabar Online, le secrétaire général du parti Machou' Tounes Mohsen Marzouk s'est interrogé: "À ce point, le pouvoir de décision de ce qu'il reste de Nidaa Tounes est entre les mains de Ghannouchi?".

"Le peuple tunisien n'a pas besoin de tutelle (...) pour rappel il a fait une révolution pour être libre, c'est pour cela que je suis étonné de voir des personnes penser avoir une quelconque légitimité pour tracer les chemins de plus grand qu'eux" note-t-il.

Faisant preuve d'ironie, Mohsen Marzouk remercie Cervantes pour son livre "Don Quichotte" car "je savais que Don Quichotte traverserait le temps, mais je ne savais pas que j'allais voir son personnage en chair et en os devant moi" dit-il en faisant référence à Rached Ghannouchi sans le citer.

"Je suis étonné de voir que l'avenir de Youssef Chahed, issu du parti vainqueur des élections de 2014, tienne à la décision du président d'un parti perdant lors de ces mêmes élections" conclut Mohsen Marzouk.

Lors d'une interview accordée mardi à la chaine privé Nessma Tv, le leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi a clairement appelé le chef du gouvernement Youssef Chahed à ne pas se présenter aux élections de 2019.

"Je l'appelle à ne s'occuper que de la gestion des affaires courantes de la Tunisie à savoir améliorer les indicateurs économiques, l'organisation d'élections municipales,locales puis législatives et présidentielles" et ce afin de ne pas mettre à profit les réalisations en cours à des fins électoralistes avait affirmé Rached Ghannouchi.

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