La double peine de Badr, violenté en pleine rue et au poste de police parce qu'il est homosexuel

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La figure déformée tachée de sang, la vidéo de Badr a fait le tour des réseaux sociaux, reflétant la violence de l'agression. Ce jeune homme raconte être victime d'une agression d'abord par deux inconnus qui l'ont braqué pour lui voler son téléphone puis au poste de police.

En effet, suite au braquage, Badr s'est dirigé vers le poste de police pour porter plainte contre ses agresseurs, mais, selon lui, un policier au poste l'a à son tour frappé en le jetant par terre et en lui cognant la tête. Il lui reprochait son orientation sexuelle. Aucun de ses collègues n'est intervenu, a rapporté la victime.

"Je suis allé en tant que victime et je suis devenu le coupable", a-t-il lancé, révolté contre les préjugés et les atteintes fréquentes à sa personne et en exigeant le respect mutuel entre tous les citoyens.

Une version des faits confirmée par l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité en contact avec la victime: "Ce n'est pas la première fois qu'on le violente ainsi et parfois c'est encore pire", a affirmé Bouhdid Belhadi, directeur exécutif de Shams au HuffPost Tunisie.

Et d'ajouter: "À part Badr, on reçoit beaucoup de plaintes de personnes agressées de la sorte et dont l'affaire n'a pas été médiatisée".

Contacté par le HuffPost Tunisie, une source du ministère de l'Intérieur affirme être au courant de cette histoire et qu'une enquête interne sera ouverte sans donner plus de détails.

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En Tunisie, les affaires rapportant des faits divers de violences envers les homosexuels, pratiquées par des inconnus dans l'espace public ou par certains policiers sont récurrentes et suscitent l'indignation des défenseurs des droits humains qui réclament la fin de l'impunité pour les agresseurs ainsi que le respect des libertés individuelles et de la vie privée des personnes.

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