Hirak: El Mahdaoui poursuivi une deuxième fois

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HAMID EL MAHDAOUI
Badil.info
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HIRAK - Mercredi 2 août, le directeur et rédacteur en chef du site d’information Badil.info, Hamid El Mahdaoui, a comparu devant le juge d’instruction à la cour d’appel de Casablanca.

Selon Badil.info, son audition, ce mercredi, a duré plus de cinq heures et s’est déroulée en présence d’une vingtaine d’avocats de différents barreaux du Maroc. Il devait répondre d’une nouvelle accusation: "non révélation d’attentat contre la sûreté de l'Etat", un délit pour lequel il risque de deux à cinq ans de prison et une amende de 1.000 à 10.000 dirhams, conformément à l’article 209 du code pénal.

L'avocat Habib Haji, dont les propos ont été relayés par le site, a indiqué que El Mahdaoui a été confronté aux différentes preuves dont dispose le ministère public, notamment des enregistrements audio retranscrits par la police judiciaire. Des preuves que l'avocat a qualifié d'"insensées", ajoutant que son client s'est défendu avec méthode et "un moral fort". Et d'ajouter que son client a montré qu'il a bien "conscience de ce qui peut ou ne peut pas porter atteinte au pays".

Au commencement...

Arrêté, le 20 juillet à Al Hoceima, El Mahdaoui avait été condamné, cinq jours plus tard, à trois mois de prison ferme assortie d’une amende de 20.000 dirhams, pour "incitation d’individus à commettre des délits par des discours et des cris dans des lieux publics".

Quelques jours plus tard, El Mahdaoui se retrouve au coeur d'une deuxième affaire. Il aurait reçu des appels téléphoniques d’un Marocain résidant aux Pays-Bas (son identité n’a pas été révélée) dans lesquels ce dernier aurait menacé "d’introduire des armes à Al Hoceima" pour "commettre un attentat au Maroc si les détenus du Hirak ne sont pas relâchés". Ce même individu aurait révélé, au cours de ces conversations téléphoniques, avoir fait don de "160.000 euros au Hirak". El Mahdaoui, qui avait été entendu, au début de cette affaire en tant que témoin, a finalement fait l’objet d'une nouvelle poursuite.

Le parquet, dans un communiqué, a expliqué que suite aux conclusions de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de Casablanca liées aux événements d’Al Hoceima, le juge d’instruction avait entendu El Mahdaoui, vendredi dernier, après son transfert depuis Al Hoceima à la prison locale de Aïn Sbaâ 1 à Casablanca.

Précisant que El Mahdaoui fait l’objet d’une enquête sans "aucun lien avec son métier de journaliste", le parquet a indiqué que le prévenu a été mis en détention provisoire, dans le cadre de l’instruction de cette affaire.

Ce serait la raison pour laquelle l’audition de Nasser Zefzafi, prévue hier, n’a pas eu lieu et a été reportée à une date ultérieure, selon une déclaration au HuffPost Maroc de l’avocat de Nasser Zefzafi, Mohamed Ziane.

Alors que El Mahdaoui comparaissait devant le juge d'instruction, un comité de soutien en faveur de ce dernier, mais aussi de l’ensemble des journalistes détenus s’est constitué, aujourd’hui. Composé d’organismes et de militants des droits de l’Homme, ce comité, indique Badil.info, sera coordonné par le célèbre journaliste Khalid Jamai.

Constitué pour faire pression, ce comité compte observer un sit-in samedi 5 août devant le parlement à Rabat à partir de 18h et tenir une conférence de presse mardi 8 août.

Reporters sans frontières (RSF) a aussi lancé un appel, ce mercredi, revendiquant la libération des sept journalistes "professionnels et non professionnels punis pour leur couverture des manif du Rif", rappelant que seul Mohamed El Hilali a bénéficié de la grâce royale.

Quant au cas de Rabii Al Ablaq qui avait été transféré, lundi, à l’hôpital Moulay Youssef de Casablanca, il aurait renoncé à sa grève de la faim après 36 jours.

Le site d’information Al Yaoum24 indique que l’avocate Asmae Al Ouadie lui a confirmé dans une déclaration l’intention de son client de mettre un terme à la grève de la faim.

Représentant le comité de défense de Rabii Al Ablaq, elle a précisé que l’état de santé de ce dernier "commence à s’améliorer". Elle a réussi à le voir après un sit-in observé, hier, par le comité de défense au sein de l’hôpital en protestation contre l’interdiction d’accès à sa chambre alors qu’il détenait une autorisation délivrée par le juge. Abdessadak Elbouchattaoui, un des avocats de ce comité, a partagé d’ailleurs une vidéo du sit-in sur sa page Facebook.

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