Ce que vous devez retenir de l'interview de Rached Ghannouchi (VIDÉOS)

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RACHED GHANNOUCHI
Youtube / NessmaTv
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La chaine de télévision Nessma a diffusé mardi une interview exclusive du leader de mouvement d'Ennahdha, Rached Ghannouchi qui est revenu sur plusieurs questions d'actualité nationales et internationales, notamment la loi relative aux violences faites aux femmes, la campagne de lutte contre la corruption menée par le chef du gouvernement Youssef Chahed, ou encore la situation générale du pays.

"La Tunisie n'a aucun intérêt à ce que le Qatar soit sanctionné"

L'interview a commencé avec la situation au Moyen-Orient et plus précisément sur la crise diplomatique entre le Qatar et les pays du Golfe. Ghannouchi estime que la Tunisie n'a aucun intérêt à ce que le Qatar soit sanctionné et qu'elle a toujours été neutre dans ses positions politiques tout en jouant un rôle de médiateur. "Il faut absolument chercher à rétablir la communication entre le Qatar et les pays participants au boycott" a-t-il ajouté.

Pour que Youssef Chahed ne se présente pas en 2019

Rached Ghannouchi a appelé le chef du gouvernement Youssef Chahed à ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2019: "Je l'appelle à ne s'occuper que de la gestion des affaires courantes de la Tunisie à savoir améliorer les indicateurs économiques, l'organisation d'élections municipales,locales puis législatives et présidentielles" et ce afin de ne pas mettre à profit les réalisations en cours à des fins électoralistes.

"Le gouvernement a aujourd'hui devant lui 2 objectifs principaux: la première est gestion des affaires courantes du pays mais surtout la question économique (...) mais j'ai peur que cela ne soit pas la seule préoccupation du gouvernement et que son chef ou même ses membres pensent aux élections de 2019" a-t-il affirmé citant l'exemple de Mehdi Jomaa qui avait pensé se présenter en 2014.

Pour un amendement de la loi sur la réconciliation

Le dirigeant d'Ennahdha a par ailleurs affirmé que la loi de réconciliation sera bel et bien adoptée et qu'il n'a jamais été question de la rejeter mais seulement de l'amender. "Ennahdha était l'unique parti à rejeter le projet de loi visant à exclure de tous ceux qui ont participé à la vie politique avant la révolution (projet de loi proposé au moment du gouvernement de la Troika)", a-t-il indiqué.

Lutte contre la corruption

Rached Ghannouchi a également critiqué la légitimité juridique des actions menées dans le cadre de la lutte anti-corruption actuellement menée par Youssef Chahed, insistant sur la nécessité d'éviter les débordements qui pourraient en découler.

"On ne peut pas geler les avoir des gens en dehors d'un cadre légal et pouvant faire l'objet d'un appel" a-t-il ajouté.

Rached Ghannouchi dénonce les critiques contre le président de la République

Le dirigeant d'Ennahdha a dénoncé la campagne de critiques menée menée par certains contre le président Beji Caid Essebsi et sa famille, des critiques qui, selon ses dires, touchent le plus haut symbole du pays.

"Bien que la Tunisie ait connu plusieurs gouvernements, il n'en reste pas moins que la situation continue de se dégrader" a-t-il déclaré dans le même contexte, ajoutant que la détérioration de la "culture du travail" et le non respect de la loi en sont les principales causes et tout en attribuant cela à une crise de valeurs.

Élections municipales

Il a par ailleurs insisté sur l'importance de la répartition du pouvoir sur les régions à travers les prochaines élections municipales, une étape qu'il juge faisant partie de la "solution à la crise", et que la mise en place retardée de ces élections a été un des "obstacles au développement régional".

"À ce jour nous n'avons fait que partager le pouvoir entre Carthage, le Bardo et la Kasbah. Mais le partage le plus important doit être entre la capitale et les régions" a-t-il affirmé.

"Avec les élections municipales nous créerons 7000 responsables afin que la transition démocratique s'enracine" à-t-il ajouté.

Appel à un dialogue national économique

Quant à la situation économique du pays, le président d'Ennahdha a appelé le gouvernement à établir d'urgence un dialogue national économique et social auquel participera l'UGTT, l'UTICA, l'UTAP ainsi que les différents partis politiques. Selon lui, cette initiative est indispensable si le pays veut éviter plus d'endettement.

"Le gouvernement de Youssef Chahed devrait suivre l'exemple de celui de Laârayedh pour la mise en place de ce dialogue et l'application de ses résultats" a-t-il proposé.

Financements étrangers

D'autre part, Ghannouchi a affirmé que les rumeurs récemment émises sur le financement du parti sont dénuées de tout fondement, en invitant toutes les parties accusatrices à s'adresser à la cour des comptes afin de s'en assurer.

"Ces accusations représentent une campagne électorale précoce contre un adversaire qu'ils n'ont pas pu vaincre à travers les urnes" a-t-il ajouté, soulignant que son parti est un des rares, si ce n'est le seul parti, à communiquer chaque année son bilan à la cour des comptes.

Rached Ghannouchi tacle Fadhel Abdekefi

En commentaire aux dernières déclarations du ministre des finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, Rached Ghannouchi estime qu'un responsable du statut d'un ministre devrait toujours essayer de remonter le moral des citoyens sans jamais envoyer de messages aussi négatifs.

La loi relative aux violences faites aux femmes est une "grade étape"

D'un autre côté, le président d'Ennahdha a salué l'adoption par l'ARP le 26 juillet 2017 de la loi relative aux violences faites aux femmes la qualifiant de "grande étape" dans la concrétisation de légalité entre les sexes et félicitant par l'occasion toutes les femmes tunisiennes.

L'Assemblée fait ce qu'elle peut

Regrettant le taux d'absence de "50% en commissions" et de "20% en plénière" à l'Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi estime cependant que celle-ci fait correctement son travail: "La machine législative n'a pas connue de retards et est entrain de produire de grandes lois".

"Il ne faut pas réduire le travail de l'institution législative sur laquelle repose le pays" a-t-il ajouté.

Le nouvel style vestimentaire

Il a également pris le temps de commenter la polémique suscitée par sa photo portant une cravate, affirmant que c'est un simple changement d'habitudes et que son port systématique de la "Jebba" n'a aussi rien de religieux, contrairement à ce que l'on pourrait penser.

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