Après les photos de saleté, d'enfants attachés et privés de leurs mamans...Le directeur de l'hôpital d'enfants de Tunis sort de son silence

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Des photos de sanitaires sales et délabrés ont circulé récemment sur les réseaux sociaux ainsi que celles d'un enfant attaché à son lit d'hôpital. Les photos sont présentées comme émanant de l'hôpital d’enfants Béchir Hamza à Bab Saadoun. (ci-dessous)

La femme, auteur des photos de l'insalubrité des sanitaires, avance qu'elle a été séquestrée dans le bureau de superviseur dudit hôpital pour l'obliger à effacer les clichés de son portable avant d'être conduite ensuite au poste de police où, dit-elle, des policiers l'ont intimidé pour qu’elle signe un procès verbal pour non-respect du règlement intérieur de l'hôpital.

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Refusant de signer ledit PV après 6 heures, elle a été relâchée.

Interpellé par Mosaïque FM, Chawki Ben Hammouda, directeur de l’hôpital d’enfants Béchir Hamza, a d'abord tenu à démentir la maltraitance d'enfants: "On les attache pour les empêcher de toucher leurs blessures ou les machines(...) c'est pour s'assurer qu'ils guérissent vite", a-t-il avancé.

Et d'ajouter: "On a des médecins de renommée internationale qui ne badinent pas avec la sécurité et la santé des enfants (...) nous faisons le maximum pour sauver des vies en acceptant plus d'enfants que de lits disponibles. Dans les périodes de développement de maladies virales, on est obligé de mettre deux enfants par lit, tout cela pour ne pas rejeter la demande de soins alors être des victimes deux fois; en travaillant au dessus de nos forces et en subissant des calomnies, c'est trop", a fustigé le directeur de l'hôpital.

C'est cette surcharge qui explique selon lui le fait qu'il refuse aux mamans de rester avec leurs enfants lors de leur prise en charge, "c'est pour laisser plus de places aux enfants malades prioritaires", a-t-il ajouté.

Concernant l'état des sanitaires, Chawki Ben Hammouda a expliqué qu'il s'agit d'installations anciennes, pas en état d'utilisation et vouées à la destruction. Cela justifie-t-il les intimations subies par l'auteur des photos en question? "Pour photographier un établissement public, il faut avoir une autorisation du ministère du tutelle, sans cette dernière, c'est considéré comme une infraction aux règlements intérieur", a-t-il soutenu.

Le directeur de l’hôpital d’enfants Béchir Hamza a déploré toutefois les comportements de certains citoyens qui volent ou détruisent les matériaux de l’hôpital, citant l'exemple de vol de lampes: "Ces équipements sont les propriétés de tous alors il est déplorable que certains ont une attitude agressive envers tout ce qui représente l'État", a-t-il conclu.

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