Diplomatie marocaine en deuil: Menouar Alem est décédé

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ALEM MENOUAR
MAP
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DÉCÈS - C’est un diplomate chevronné que le Maroc vient de perdre. Menouar Alem, ambassadeur du Maroc en Turquie, depuis un an, et ancien ambassadeur du royaume auprès de l’Union européenne, est décédé, lundi soir à Rabat, suite à une grave maladie, à l’âge de 62 ans, selon ses proches cités par la MAP.

Issu d'une famille de diplomates, Menouar Alem, natif de Rabat, n'avait pas trahi la tradition familiale. Selon le site de 2M.ma, son père était sous secrétaire d'État à l'Intérieur, dont les enfants se sont orientés presque par logique vers la diplomatie. L’aîné, Majid, a occupé le poste d’ambassadeur notamment au (ex) Zaïre, en Pologne et en Suisse, tandis que Abdeslam a été ambassadeur du Maroc en Bulgarie et en Pologne.

Diplomate de carrière, Menouar, lui, avait rapidement gravi les échelons grâce à son talent, son esprit d’analyse, mais aussi à sa personnalité qui forçait l’admiration de tous.

Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques de l’Université d’Aix-Marseille II et d’une licence en économétrie de la même université, il avait intégré le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération en 1979. Il avait occupé plusieurs postes de responsabilité avant d'être affecté à la cellule UE du ministère de 1992 à 1994. Une période au cours de laquelle il était aussi chargé d’études au cabinet du ministre de ce département.

Après avoir assuré plusieurs postes de chef de mission diplomatique, il avait été nommé ambassadeur du Maroc au Danemark en 1998, avant de se retrouver à la tête de la Direction des Affaires européennes du ministère en 2003. Une année plus tard, il avait été nommé chef de la mission du royaume auprès de l'UE, représentant du Maroc au sein du Dialogue méditerranéen de l’OTAN. Une mission dans laquelle il s’était illustré pendant onze années.

Ceux qui l’ont connu et côtoyé reconnaissent en lui le diplomate farouche qui avait une parfaite maîtrise de sa mission. Réagissant à son décès, Houria Esslami, présidente du Groupe de travail onusien sur les disparitions forcées parle, sur sa page Facebook, d’un homme qu’elle a connu et admiré: "Il avait une personnalité charismatique rare et sa grande expérience, il la mettait au service de sa patrie".

Brahim Fassi Fihri, président fondateur de l'Institut Amadeus, a également été parmi les premiers à exprimer sur sa page Facebook "sa profonde tristesse". "'Mono', comme le surnommaient très affectueusement ses nombreux amis, était un grand diplomate, un patriote exemplaire, un travailleur acharné et pendant près d'une dizaine d'années, le premier défenseur de notre Cause Nationale auprès des institutions européennes", écrit-il.
Brahim Fassi Fihri a salué le "Spécialiste des relations Maroc-UE", et "l'un des principaux architectes de l'Accord d'Association et du Statut Avancé".

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