Pour Hamma Hammami, la levée de sa protection rapprochée est une sanction politique venant du président de la République

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Lors de son intervention sur l'antenne de Mosaique FM, le leader du Front populaire Hamma Hammami a déclaré qu'il avait refusé la protection de la part du ministère de l'Intérieur en réclamant le maintien de celle de la présidence de la République, estimant que des failles existent dans la protection du ministère de l'Intérieur et qualifiant la décision de la présidence de sanction purement politique qui vise à mettre en danger de mort les membres de l'opposition, a-t-il ajouté.

Une indifférence du président de la République

Interrogé sur la mise en place de cette protection durant la présidence de Moncef Marzouki, Hammami a affirmé que les hauts responsables actuels, notamment le président de la République, le ministre de la Défense ou encore le ministre de l'Intérieur affichent une certaine indifférence à l'égard de sa sécurité, contrairement à l'ex-ministre de la défense Abdelkrim Zbidi qui avait exigé sa protection, craignant un nouvel assassinat d'un membre de l'opposition.

Un plan d'assassinat par voiture piégée

Il a également dévoilé l’existence d'un plan d'assassinat par voiture piégée le visant lui ainsi que l'ex-chef du gouvernement Mehdi Jomâa, ce qui a amené le chef de la sécurité présidentielle à faire appel à des voitures blindées pour la protection des personnalités politiques victimes de menaces. Une prise d'initiative qui n'est plus possible selon Hamma Hammemi, qui estime que la direction de la sécurité présidentielle est aujourd'hui directement conduite par le président de la République lui même, une grave atteinte à la démocratie selon lui.

"La nonchalance s'est progressivement installée et les hauts responsables ont oublié les assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi" a-t-il ajouté.

Le leader de l'opposition est également revenu sur l'état de santé de son épouse Radhia Nasraoui qui avait entamé une grève de la faim il y a 3 semaines, en protestation contre la levée de la protection rapprochée de son mari.

Hamma Hammami a aussi déclaré que l'état physique de sa femme commence à se dégrader et que des examens médicaux, notamment une cardiographie, sont prévus très prochainement, une décision prise par les médecins de sa femme. Il a par ailleurs assuré que cette grève n'a aucunement touché au moral de Radhia Nasraoui.

Par ailleurs, en réponse aux critiques de l'opinion publique sur le fait que ce soit sa femme qui entame la grève et non pas lui, Hamma Hammami dit exprimer sa protestation à travers le maintien de ses activités politiques et que la décision de protester par une grève de la faim a été une initiative totale et assumée de sa femme Radhia Nasraoui.

Le président du Front Populaire avait en conclusion confirmé la participation de son parti aux élections municipales de décembre 2017.

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