Al Qods: le Maroc appelle à relancer le processus politique palestino-israélien

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MOROCCO PROTEST
Youssef Boudlal / Reuters
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Al QODS - Au lendemain de la lettre adressée, mercredi 26 juillet, par le roi Mohammed VI, président du Comité Al Qods, au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans laquelle il dénonce les "politiques israéliennes inacceptables" menées dans la ville d'Al Qods, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a pris part, jeudi au Caire, à la réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue des Etats arabes au niveau des ministres des affaires étrangères. A l'ordre du jour: l'examen des dernières agressions israéliennes contre la ville occupée d’Al Qods et la mosquée sainte d’Al-Aqsa.

Le ministre y a réitéré les préoccupations du Maroc quant à "l'escalade dangereuse" que connaissent les Lieux saints et les territoires palestiniens, fustigeant, ainsi, les pratiques israéliennes "qui profitent de l'absence d'une solution politique à la crise palestinienne". Mettant l’accent sur la nécessité, pour la communauté internationale, d’apporter une réponse rapide, le ministre a appelé à la relance du processus de paix palestino-israélien, à travers "de nouvelles négociations sérieuses, sur la base de la solution à deux Etats, de l'initiative arabe de paix et des résolutions de la légalité internationale".

Le ministre marocain a mis en garde contre "la poursuite par Israël de ses pratiques qui ne respectent nullement ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale, notamment la politique de colonisation et ce, en dépit d'une résolution prise par le conseil de sécurité dans ce sens".

Et de souligner que cette attitude "témoigne de l'urgence d'une action internationale à même d'épargner à la région le risque d'explosion et de conduire les deux parties à la paix et la sécurité, à travers la proclamation d'un Etat palestinien, dans les frontières du 4 juin 1967, avec Al Qods Est comme capitale".

M. Bourita a, par ailleurs, affirmé que "les Arabes sont appelés à transcender leurs différends et problèmes et à s'engager dans cette action de manière agissante, plaidant pour davantage de vigilance pour ne pas tomber dans les pièges visant à fragmenter le monde arabe et attenter à ses sacralités".

Le ministre a précisé que "les agressions que subissent les lieux sacrés de l'islam ne peuvent être isolées de ce que connait la ville d'Al Qods depuis des mois, à travers des tentatives israéliennes visant à modifier sa structure démographique et son cachet arabo-islamique, en flagrante violation du droit international et des résolutions du conseil de sécurité".

M. Bourita a averti la communauté internationale que "les provocations des sentiments des musulmans pourraient conduire à un sentiment de haine et dévier la trajectoire de cette crise de la défense des droits politiques légitimes du peuple palestinien à une bataille religieuse ouverte sur l'inconnu, à même de donner lieu à davantage de violence, d'extrémisme et de fanatisme, susceptible d'exploser la situation sécuritaire dans toute la région".

Ainsi, le souverain, a rappelé le ministre, avait mis l’accent justement dans sa lettre sur la nécessité d’amener Israël à annuler les mesures qu'elle a prises afin de changer le statu quo. Et de réitérer, à l’occasion, le refus du royaume du Maroc de porter atteinte au caractère historique et légal d'Al Qods Acharif.

Saluant la résistance exprimée par les Palestiniens ayant contraint Israël à renoncer aux dernières mesures prises, et l'attachement des Maqdissis à leurs droits historique et politique dans la ville d'Al Qods et la mosquée sainte d'Al Aqsa, le ministre a réaffirmé la nécessité de poursuivre "la pression collective pour retourner à la situation d'avant le 14 juillet 2017 et garantir la liberté d'accès des Maqdissis aux différentes dépendances d'Al Aqsa".

Pour conclure, M. Bourita a précisé que le consensus autour de la cause palestinienne ne doit pas être sporadique et/ou dicté par une réaction à un acte provocateur: "Il doit s'insérer dans une stratégie basée sur la pression continue pour que le peuple palestinien puisse recouvrer l'ensemble de ses droits et préparer le terrain pour une intégration régionale équilibrée garante de la paix, la sécurité et le développement durable pour l'ensemble des pays de la région".

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