Dans différentes régions du Maroc, Greenpeace transmet les rudiments de la cuisine à l'énergie solaire

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Dans différentes régions du Maroc, Greenpeace va apprendre le "Solar Cooking" | Greenpeace
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ÉCOLOGIE - Le Maroc a engagé sa transition écologique en créant l'une des plus grandes centrales solaires du monde, Noor, à Ouarzazate. Greenpeace veut aller plus loin, en sensibilisant la population aux problématiques environnementales. C'est ainsi que le bureau monde arabe et Afrique du Nord de l'organisation internationale a récemment planifié un projet au Maroc: apprendre à la population à cuisiner à l'énergie solaire.

22 volontaires, principalement des jeunes et des membres d'associations de la société civile, engagés dans l'environnement, ont reçu une formation pour, à leur tour, former les Marocains à la cuisine solaire dans le cadre du programme "Do It Yourself" DIY Solar Cooking. Pendant deux mois, ils vont arpenter le Maroc et ses villages, de la région Tanger-Tétouan-Chefchaouen à celle de Rabat-Salé et Marrakech-Safi, en passant par Agadir-Tinguir et Casablanca pour aller à la rencontre de ceux qui veulent cuisiner en respectant l'environnement.

"Le principal public que l'on veut toucher, ce sont les femmes au foyer. Les volontaires vont aller à la rencontre des ONG et associations déjà sur place, des autorités, et proposer les formations", explique au HuffPost Maroc Ghalia Fayad, directrice du programme monde arabe et Afrique du Nord. Sur place, pas besoin de panneaux photovoltaïques. Les intéressés pourront s'initier à la cuisine avec des éléments basiques. "Par exemple, vous prenez un vieux pneu de voiture, vous le couvrez de papier aluminum, vous mettez votre plat à l'intérieur, vous couvrez tout ça avec un morceau de verre et ça cuit", explique Ghalia Fayad.

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Délaisser l'utilisation du butane

Si le gouvernement marocain a sans nul doute montré sa volonté de progresser vers l'énergie verte, il reste encore quelques avancées à faire. "Nous avons mis en place ce projet pour sensibiliser la population à l'énergie verte et encourager la transition énergétique", souligne Ghalia Fayad. Le choix de la cuisine solaire comme première étape n'est pas anodin.

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Parti du contexte du pays pour établir le programme "Do It Yourself" DIY Solar Cooking, Greenpeace a remarqué l'importante utilisation du butane dans les foyers marocains. "Cette énergie est beaucoup utilisée au Maroc pour l'irrigation, la cuisine etc. De plus, elle est subventionnée par l'État à hauteur de 80%. C'est un poids dans le budget et c'est aussi une barrière dans le développement de l'énergie renouvelable. Notre programme permet de donner plus de poids aux alternatives au butane et à la transition."

Aller plus loin avec la loi 58-15

"Le Maroc connaît certaines limites sur les projets de décentralisation", souligne Ghalia Fayad. Pour aller plus loin, Greenpeace met en avant la loi 58-15 sur les énergies renouvelables, qui permet à ceux qui possèdent des panneaux photovoltaïques de revendre l'excédent d'énergie solaire produit.

"Il faut aussi développer le mécanisme financier, en proposant des prêts verts pour ceux qui veulent s'équiper en panneaux photovoltaïques. Ce système existe au Liban et les taux sont très bas", ajoute Ghalia Fayad.

"Do It Yourself" DIY Solar Cooking fait partie d'une stratégie engagée l'année dernière par Greenpeace. Le contexte du Liban est plus avancé: l'organisation forme aujourd'hui les électriciens pour pallier le manque de main d'oeuvre dans les compagnies photovoltaïques. "Nous avons aussi créé une plateforme pour mettre en relation ces électriciens et les compagnies", ajoute Ghalia Fayad. Avant de conclure: "Nous espérons faire pareil, un jour, au Maroc".

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