Accusé par une députée, le ministre des Finances par intérim Fadhel Abdelkefi rétorque: "Il n'y a rien de plus facile que d'être sans-gênes, moi aussi je peux m'y mettre"

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Le ministre de l'Investissement, du développement et de la coopération internationale et ministre des Finances par intérim Fadhel Abdelkefi n'a pas mâché ses mots face à l'intervention de la députée Samia Abbou, jeudi à l'Assemblée des Représentants des Peuples.

Alors qu'elle a affirmé qu'il existe "une solidarité dans la corruption entre les députés et le gouvernement" indiquant que les prêts consentis à la Tunisie n'allaient pas là où ils devraient, Samia Abbou a eu droit à une réponse pleine de répartie de Fadhel Abdelkefi.

"Si vous étiez à ma place, la première chose à laquelle vous penseriez serait de payer les salaires" a commencé le ministre des Finances par intérim, "et si ça dérange quelqu'un que je sois ministre par intérim, je rappelle que je suis un des soldats de la Tunisie et que le chef du gouvernement m'a appelé dans des circonstances exceptionnelles pour me proposer le poste de façon intérimaire, je l'ai accepté car c'est un devoir" a-t-il ajouté.

Expliquant à la députée la difficulté dans laquelle se trouve l'économie tunisienne Fadhel Abdelkefi rajoute: "On est entrain de diriger l'économie tunisienne comme le ferait un épicier. (...) Et quand on court avec mes collègues pour ramener des financements dans les meilleures conditions, la moindre des choses c'est de nous aider en gardant le silence".

Accusé à demi-mots de corruption par la députée, le ministre nie en affirmant "qu'il n'existe entre l'État et moi qu'un bout de papier. Je peux démissionner. Je ne suis pas grand chose pour l'État tunisien et l'État tunisien ne me perdra pas".

"Peut-être que mes enfants regardent la télévision. Voir leur père être accusé de corruption, d'escroquerie et de vouloir vendre l'État (...) ces mots je ne les accepte plus" affirme-t-il avant d'ajouter: "J'accepte (les critiques), je respecte les gens et j'estime avoir eu une bonne éducation, mais il n'y a rien de plus facile que d'être sans-gênes, et moi aussi je peux m'y mettre".

Revenant sur le prêt de 500 millions d'euros de l'Union européenne, Fadhel Abdelkefi a expliqué que celui-ci permettrait de payer les fonctionnaires: "Quand je vois cette somme rentrer, je me dis que cela permettra de payer les salaires des fonctionnaires pour le mois d'août et de septembre. Il y a entre moi et les fonctionnaires l'obligation de payer les salaires" a-t-il affirmé.

Selon lui, les salaires des fonctionnaires représentent aujourd'hui 15 milliards de dinars "et pourront même dépasser ce montant" a a-t-il conclu.

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