Sans eau depuis des jours: À Béja, des villageois peinent à trouver de l'eau potable (VIDÉO, PHOTOS)

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Béja a soif et la sécheresse fait ravage dans certaines de ses régions.

Une vidéo, publiée récemment sur les réseaux sociaux, met en lumière cette "catastrophe" et montre l'ampleur et la gravité de la situation (vidéo ci-dessus).

De nos jours, des villageois peinent encore à trouver une goutte d'eau potable.

beja

Traversant des kilomètres, munis de leurs bidons en plastique et accompagnés de leurs ânes, les habitants de "Ain Chelou" vont,chaque jour, chercher de l’eau à la source la plus proche, une source qui coule doucement et à petites doses. "Il nous faut 15 minutes au moins pour remplir un seul bidon" lance une villageoise. Quelquefois, ils doivent attendre leur tour pendant des heures, pendant que d’autres remplissent leurs conteneurs. Un calvaire au quotidien.

béja

De plus, "l'eau n'est pas bonne" réplique une autre villageoise. L'approvisionnement en eau salubre est limité. "L'eau est tellement sale qu'on ne peut même pas la servir au bétail" ajoute-elle.

"Des enfants ont été renvoyés de l'école" explique une autre. En effet, ils ont été obligés à quitter l'école parce qu'ils sont "sales, porteurs de poux", précise-t-elle. "Dans ces conditions, comment les mamans arrivent-elles à laver leurs enfants?" demande-t-elle.

béja

"Ain Chelou", n'est qu'un exemple parmi d'autres. Les régions de Fouar, Boukeslan et Sidi Mhimech sont aussi sans eau depuis plus de dix jours. "Un drame" commente un habitant de "Ain Chelou".

Pourtant dotée des plus grands barrages de la Tunisie, Béja est frappée par une pénurie d'eau sans précédant. "Sans parler de ses problèmes en développement, de chômage ou de manque d'investissement, les besoins élémentaires vitaux dans cette région sont presque absents" souligne l'auteur de la vidéo en dénonçant "le silence" des autorités et des responsables face à cette situation dramatique.

Un appel de secours a été, par ailleurs, lancé par les habitants des villages où ils ont tiré la sonnette d'alarme.

Mais durant ces dernières années, les barrages de Béja dont les plus connus sont Sidi Salem, dont la capacité de rétention est de 643 millions de m3, le barrage de Sidi Barrak de Zouaraa à Nefza (250 millions de m3) et le barrage Kasseb, d’une capacité de 80 millions de m3, connaissent un déficit remarquable. En début d'année, le déficit hydrique dans le gouvernorat est estimé à 30 %.

Pendant l’été 2016, la région a connu une crise à cause de la pénurie d’eau et la multiplication des mouvements de protestation contre la détérioration de la qualité de l’eau. En réaction à la baisse des réserves des barrages, les autorités concernées ont pris des mesures, dont la réduction de la période d’irrigation des cultures irriguées.

D'après Mosbah Helali, PDG de la SONEDE (société nationale d'exploitation et de distribution des eaux), trois grands projets d'amélioration du taux d'adduction de l'eau potable en milieu rural sont en cours. Il a annoncé que le premier quasiment achevé (95%) concerne les zones rurales du gouvernorat de Jendouba (200 mille habitants) pour un coût de 85 millions de dinars.

Les deux autres projets devront démarrer en 2017. Celui ciblant le gouvernorat de Bizerte, aura un coût de 170 millions de dinars et le projet dédié au Gouvernorat de Béja coûtera 130 millions de dinars.

La Tunisie qui compte pour une grande part, sur les cultures pluviales, est parmi les pays qui vivent sous le seuil de la pauvreté hydrique (460 m3 par personne, contre une moyenne mondiale de 1000 m3, un taux fixé par les Nations-Unies pour mesurer la pauvreté en eau).

Dans un rapport publié en 2015, la World Resources Institute classe la Tunisie parmi les 33 pays les plus susceptibles de connaitre un stress hydrique (ou pénurie d'eau) d'ici 2040.

Selon le rapport, la Tunisie se classe parmi les pays qui ont un risque très élevé de manquer d'eau dans les décennies à venir pouvant perdre ainsi plus de 80% de ses ressources naturelles d'eau d'ici 2040.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.