Face aux dépassements policiers, Samia Abbou dénonce "le mutisme" du ministre de l'Intérieur Hédi Majdoub (VIDÉO)

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"Le ministre de l'Intérieur est entrain de dévier!" a lancé la députée du courant démocratique Samia Abbou en haussant le ton. Connue pour ses interventions musclées, cette dernière a tiré à boulets rouges sur le ministre de l'Intérieur, Hédi Majdoub, en l'accusant de vouloir détourner les principes républicains post-révolutionnaires du ministère.

"Et ce n'est pas accidentel" a-t-elle poursuivi en arguant que deux incidents successifs ont eu lieu récemment prouvant l'intention de ce dernier de vouloir mettre à l'écart "les préceptes d'une police républicaine". Elle a évoqué la décision du syndicat national des forces de sécurité intérieure de vouloir boycotter les concerts d'un rappeur tunisien en refusent de sécuriser ses soirées.

Samia Abbou n'a pas voulu dévoiler le nom du rappeur mais il s'agit bien de Klay BBJ. Ce dernier a vu tous ses concerts annulés à la suite de cette décision. Sa soirée programmée, jeudi au festival international de Carthage, a été à son tour annulée. En effet, d'après le syndicat, les paroles de certaines de ses chansons porteraient atteinte à la police et inciterait à la haine.

"Mais ils sont en train d'instaurer une loi de la jungle avec ces pratiques" a-t-elle ajouté. La députée a jugé qu'il est plus judicieux, en cas de diffamation, de s'orienter vers la justice et de porter plainte au lieu de riposter de cette manière. Elle a précisé que par le fait de refuser de sécuriser ces concerts, des milliers de jeunes spectateurs seront en danger. "C'est un dangereux dérapage"a-t-elle souligné en s'interrogeant sur "le mutisme" du ministre de l'Intérieur face à cette affaire. "Il faut que la police se place au-dessus de ces différends"a-t-elle précisé.

Portant un t-shirt "Manich Msameh", la députée n'a pas hésité à taper du poing sur la table et à mettre au clair l'affaire d'arrestation de jeunes pour port d'un t-shirt supportant la campagne contre la réconciliation avec les symboles d'ancien régime. Rappelons qu'à l'été 2015 le président Béji Caïd Essebsi a proposé un projet de loi qui prévoit l'amnistie de personnes --notamment d'hommes d'affaires ou d'anciens du régime du dictateur déchu Zine El Abidine Ben Ali-- poursuivies pour corruption, en échange du remboursement des sommes indûment gagnées et d'une pénalité financière.

"Je ne sais plus, la police républicaine doit sécuriser les citoyens ou les institutions de la présidence République?" s'est-elle interrogée.

Abbou s'est, par ailleurs interrogée sur le fait que la police se mêle de plus en plus d'affaires politiques."Chacun est libre. Que se soit avec la campagne 'Manich Msameh' ou la campagne 'Msameh' " a-t-elle lancé, avant de se faire couper le micro par le président de l’Assemblée, Abdelfatteh Mourou.

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