La loi contre les violences envers les femmes, "une étape décisive" affirme Human Rights Watch

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HUMAN RIGHTS WATCH
ASSOCIATED PRESS
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La loi adoptée par le Parlement tunisien pour lutter contre les violences faites aux femmes est "une étape décisive", s'est réjouie jeudi l'ONG Human Rights Watch, en appelant les autorités à assurer le financement des mesures votées.

"En promulguant cette loi, les autorités tunisiennes ont montré qu'elles étaient impliquées en faveur des droits des femmes et ont établi une norme que beaucoup d'autres pays seraient avisés de suivre", a déclaré dans un communiqué Amna Guellali, la directrice du bureau de Tunis de HRW.

La législation, adoptée mercredi, renforce la protection des victimes de violences, notamment familiales, et abolit des dispositions "rétrogrades".

La loi pénalise notamment "le harcèlement sexuel dans les lieux publics, l'emploi d'enfants comme employées domestiques et prévoit des amendes pour les employeurs qui discriminent intentionnellement les femmes au niveau des salaires", a décrit l'ONG.

Le texte, qui entrera en vigueur six mois après sa publication au Journal officiel, instaure également des programmes spécifiques pour ancrer "les principes des droits humains et de l'égalité entre les genres" dans l'enseignement.

Elle modifie aussi le très controversé article 227 bis du Code pénal, en supprimant la disposition qui permettait à l'auteur d'un acte sexuel "sans violences" avec une mineure de moins de 15 ans d'échapper à tout châtiment s'il épouse sa victime.

"Le gouvernement doit à présent financer et soutenir les institutions qui permettront de traduire cette loi en véritable protection", a déclaré Amna Guellali.

Car si "la loi demande aux autorités d'envoyer les femmes dans des refuges (...) elle ne prévoit aucun mécanisme pour leur financement", selon HRW.

Près d'une femme sur deux en Tunisie dit avoir déjà subi "une ou plusieurs formes de violences", selon une étude réalisée par un établissement public.

La Tunisie est considérée comme pionnière en matière de droits des femmes dans le monde arabe, mais les femmes restent victimes de nombreuses discriminations.

HRW appelle ainsi les autorités à s'attaquer à ces discriminations, comme celle qui "désigne toujours l'homme comme chef de famille et refuse aux filles tunisiennes la même part d'héritage que leurs frères".

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