Pour la présidente de l'ATFD Monia Ben Jémia, la loi sur la lutte contre la violence faite aux femmes "sera un modèle pour l'Afrique et le monde arabe"

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MONIA BEN JMIA
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Après de longs débats et tractations, la loi intégrale sur la lutte contre la violence faites aux femmes a été adoptée mercredi, à l’unanimité.

"C'est une très grande avancée!" s'est réjouie, Monia Ben Jémia, la présidente de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), auprès du HuffPost Tunisie. "Cette loi va servir de modèle pour l'ensemble du monde arabe et africain" a-t-elle renchéri.

Avec son texte avant-gardiste, cette loi prévoit le renforcement de la protection des victimes et abolit des dispositions jugées controversées. En effet, elle reconnait non seulement les violences physiques, mais aussi psychologiques, économiques et politiques. Par ailleurs, elle met en avant son approche multisectorielle qui offre une protection efficace et globale à toutes les femmes, et dans toutes les situations de violence.

Elle met, également, en place des mesures de protection et de prise en charge des victimes. "L'ordonnance de protection, délivrée par le juge, fait partie des solutions judiciaires les plus efficaces pour protéger les femmes de la violence" a noté la présidente de l'ATFD. Un point très important qui permet d'améliorer la protection des victimes de violence. Elle a expliqué que ces ordonnances peuvent, entre autres, exiger que l’auteur présumé de violences quitte le domicile ou qu’il se tienne à distance de la victime et de leurs enfants, afin de lui interdire de commettre de nouvelles violences.

Cette loi prévoit, d'autre part, des mesures de prévention à travers des programmes de formation et des espace d'information permettant la détection, l’évaluation et la prévention de la violence à l’égard des femmes. D'autres mesures relatives à l'assistance des rescapées de violences familiales ont été évoquées, et ce en leur fournissant un soutien juridique, médical et psychologique. La police spécialisée en matière de violence figure parmi les nouveautés. "Cette police spécialisée sera dédiée à recueillir les plaintes, les gérer et prendre en charge les victimes" a-t-elle répliqué.

"À travers cette loi, la notion du couple a été élargie" a fait savoir Ben Jémia. Elle a indiqué que le couple ne se limite plus aux mariés mais concerne également l'ex-mari, le fiancé et même l'ex-fiancé.

Parmi les apports majeurs de cette loi figurent également le retrait de la plainte qui n’arrête plus les poursuites, l'élargissement de la notion du viol qui n'est plus réservée aux filles mais concerne également les garçons et l'annulation de la peine de mort pour le violeur et son remplacement par la prison à vie. "Pour la première fois, on a nommé l'inceste" a-t-elle martelé. En effet, dans les anciens textes de loi, le terme n'a jamais été utilisé textuellement, mais évoqué de manière indirecte.

À part le fait qu'elle abroge la disposition du Code pénal, qui permettait à un violeur d’épouser sa victime mineure, pour échapper aux poursuites, cette nouvelle loi pénalise aussi le harcèlement sexuel dans les lieux publics, l’emploi d’enfants comme employées domestiques, et prévoit des amendes pour les employeurs qui discriminent intentionnellement les femmes au niveau des salaires.

"Je suis vraiment sur un nuage!" a confié Ben Jémia. "Dans l'ensemble, je suis très satisfaite de cette loi. À part les quelques incohérences qui se trouvent dans la partie pénale et qui peuvent être rectifiées plus tard, c'est une bonne loi qui met en place toutes les institutions nécessaires pour lutter efficacement contre l'impunité et ancre la notion de prévention de la violence" a-t-elle conclu.

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