Le Maroc fait partie des 72 pays du monde qui condamnent encore l'homosexualité

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Le royaume fait partie des pays les moins répressifs | Getty Images/iStockphoto
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RAPPORT - Alors qu'est célébré le 50e anniversaire de la décriminalisation de l'homosexualité en Angleterre et au Pays de Galles, The Guardian analyse les résultats du dernier rapport livré en mai dernier par l'association internationale ILGA, qui milite pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transexuels et intersexués dans 110 pays du monde. Dans 72 pays, dont le Maroc, l'homosexualité est condamnable par une peine de prison ou par la peine capitale.

"L'Afrique australe et orientale, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud persistent avec les approches les plus draconiennes. L'Europe occidentale et l'hémisphère occidental sont les plus tolérants", souligne The Guardian.

En effet, c'est dans ces régions que l'homosexualité est punie de manière la plus lourde. Dans 8 États, elle est passible de la peine de mort. Parmi eux, la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Pakistan ou encore le Soudan.

"En Iran, au Soudan, en Arabie Saoudite et au Yémen, l'homosexualité est encore punissable par la mort, en vertu de la charia. Il en va de même dans certaines parties de la Somalie et du nord du Nigeria. Dans deux autres pays - la Syrie et l'Irak - la peine de mort est exercée par des acteurs non étatiques, y compris l'État islamique", souligne The Guardian.

Dans 12 de ces 72 États dont les Maldives et la Zambie, les homosexuels peuvent écoper de 15 ans de prison jusqu'à la perpétuité. Au Nigeria et dans 23 autres Etats, ils encourent 8 à 14 ans de prison.

Le Maroc parmi les pays les moins sévères

Le Maroc fait partie des États où les homosexuels risquent une peine moins lourde: 3 à 7 ans de prison. Cette peine se retrouve dans 19 autres pays avec l'Algérie et la Tunisie ou encore le Sénégal.

"Ces dernières années, des pays d'Afrique de l'Ouest anciennement annexés par la France (Maroc, Sénégal, Cameroun...) ont vu des appels à la "moralisation" publique pris très au sérieux, avec arrestations ou lynchages publics", note pour sa part L'Express.

Au Maroc, en mars 2016, un couple homosexuel à Beni Mellal avait été sauvagement agressé. Malgré la mobilisation de la société civile, la justice finira par condamner l'un des deux hommes agressés de deux mois de prison ferme. Pourtant victime, le condamné avait été jugé pour "échanges de coups et blessures" et non pour "homosexualité", révélait au HuffPost Maroc une source au sein du Conseil national des droits de l'Homme dans la région à Beni Mellal.

Les relations entre femmes plus tolérées

Enfin, dans 10 États, les homosexuels risquent 1 mois à 2 ans de prison ou une amende. Parmi eux: le Liban, le Burundi et Singapour.

L'association fait aussi l'état des lieux du type d'homosexualité condamnée. Résultat: les relations entre les femmes sont illégales dans moins de pays que les relations entre les hommes avec 45 États dont la Namibie, Sierra Leone et le Kenya contre 72, soit la totalité des pays condamnant l'homosexualité.

Pour conclure, The Guardian rapporte la déclaration de Matt Horwood, porte-parle de l'association LGBT Stonewall: "Les relations homosexuelles sont illégales dans 72 pays et punissables par la mort dans huit pays. Nous avons tous un rôle à jouer pour garantir que toutes les personnes LGBT soient acceptées sans exception et tout ce que nous pouvons espérer, c'est que, dans plus de 50 ans, ça aura progressé".

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