Ces femmes (parmi tant d'autres) qui ont milité pour l'adoption d'une loi contre les violences faites aux femmes

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Alors que la loi intégrale sur les violences faites aux femmes a été adoptée par l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à l'unanimité, il est important de rappeler que cette unanimité était loin d'être de mise sans le combat acharné de nombreux femmes et hommes qui ont milité durant des années pour éradiquer les violences faites aux femmes en plaidant, entre autres, pour un arsenal juridique coercitif en la matière.

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Le HuffPost Tunisie met la lumière sur cinq de ces militantes (et aurait pu en choisir tant d'autres), en revenant sur leur combat de longue haleine et leur influence considérable pour l'adoption de ladite loi.

Monia Ben Jémia

Juriste, universitaire. Présidente de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), Monia Ben Jémia représente l'opiniâtreté de toutes les militantes de l'ATFD depuis des années, pour lutter contre les violences que subissent les femmes. Une lutte qui prend forme à travers les centres d'écoute mis en place par l'ATFD pour accompagner les femmes victimes de violence. Le premier centre a été créé il y a plus de 20 ans, signe de l'expérience de l'organisation et son maîtrise du sujet.

L'association a mobilisé en son sein des experts dans différents domaines sur le sujet. On cite, autre autres, l'apport de Hafidha Chkir. Juriste, cette dernière a porté à travers ses écrits et ses multiples interventions académiques le plaidoyer en faveur d'une loi pénalisant les violences faites aux femmes.

Seule ou en coalition, l'ATFD a mené un combat sans relâche pour l'adoption de ladite loi. Sur tous les fronts, Monia Ben Jémia a été en avant pour défendre la dignité des femmes à chaque fois où la question des violences faites aux femmes ou plus globalement de leurs droits ont été posés.

Bochra Bel Haj Hmida

Avocate, militante de la vieille garde au sein de l'ATFD, la députée Bochra Bel Haj Hmida a continué à mener la lutte contre la violence à l'encontre des femmes, non seulement dans les tribunaux où elle a défendu beaucoup d'entre elles bénévolement, mais aussi dans l'enceinte de l'ARP. Et son combat a été rude, les choses étaient loin d'être gagnées d'avance face à la résistance de certains et le machisme sévissant parmi ses collègues.

Avec ténacité, Bochra Bel Haj Hmida ne s'est pas résignée. Portant le projet de son association l'ATFD, elle a défendu les causes de cette dernière jusqu'au bout. Côte à côte avec Sana Ben Achour, Ahlem Bel Haj, Yosra Frawes et les autres militantes féministes pour célébrer l'adoption de la loi intégrale, Bochra Bel Haj Hmida illustre la complémentarité fructueuse entre les politiques et la société civile.

Sana Ben Achour

Juriste, universitaire, Sana Ben Achour est aussi une figure féministe de l'ATFD dont elle fut la présidente. Désignée par le ministère de la Femmes et des affaires de la Famille présidente du comité des experts chapeautant ladite loi, Ben Achour a été à la tête du combat pour l'adoption de la loi en tant que juriste et féministe.

Lançant l'association Beity, Sana Ben Achour ouvre une maison d'accueil Sidi Ali Azouz à Tunis. Le centre assure une prise en charge totale des femmes victimes de différentes formes de violences, sans abris et exposées à toutes sortes de menaces.

Neila Chaabane

Si cette loi a été votée hier, elle a d'abord été initiée dès 2014 par Neila Chaabane, alors secrétaire d'État aux Affaires de la femme, de l’Enfance et de la Famille.

Juriste publiciste, elle a d'abord fait partie de la commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation en 2011.

Nommée secrétaire d'État chargée des Affaires de la femme, de l’Enfance et de la Famille auprès du ministre Saber Bouatay, c'est elle qui a proposé en premier une loi contre la violence faite aux femmes s'attirant les courroux de certains députés.

Nadia Chaabane

Autre femme politique, Nadia Chaabane, constituante à l'ANC, a été l'une des premières à poser les jalons de la nécessité de légiférer une loi protégeant les femmes de la violence sur la scène politique, plus précisément à l'Assemblée nationale constituante. Du parti Al-Massar, membre du collectif Nissa Al 46, Nadia Chaabane a milité aux côtés de la société civile pour l'adoption de cette loi.

Pour l'ancienne constituante, la loi intégrale sur les violences à l'égard des femmes est une belle avancée dans la consécration de l'article 46 de la Constitution qui dispose que "L'Etat s'engage à protéger les droits acquis de la femme, les soutient et œuvre à les améliorer (...) garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines (...) œuvre à réaliser la parité entre la femme et l'homme dans les conseils élus (...) prend les mesures nécessaires afin d’éradiquer la violence contre la femme".

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