Partenariat État/ONG: Les associations insatisfaites interpellent le porte-parole du gouvernement

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MUSTAPHA EL KHALFI
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PARTENARIAT - Une salle archicomble, des retardataires debout, alors que d’autres tentent de trouver des chaises. Ce mercredi matin, les représentants d’associations marocaines sont venus nombreux, pour assister à la présentation du premier rapport annuel sur le partenariat entre l’État et les associations, rapport présenté par le ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.

Le rapport évalue le soutien financier accordé aux associations au titre de l'année 2015. Au total, ce soutien représente un montant de 6,4 milliards de dirhams ayant profité à 25% des associations (estimées dans leur totalité à 130.000). La majeure partie provient des régions de Casablanca-Settat, Souss-Massa, Marrakech-Safi, Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra. C’est un soutien financier à 100% public auquel les secteurs gouvernementaux ont participé à hauteur de 22%. "C’est le premier rapport du genre", rassure le ministre, expliquant que la collecte des données et leur évaluation ont pris une année et demie.

Le rapport sera dorénavant un exercice régulier au sein du département d’El Khalfi, qui met également au service des associations un portail, charaka-association.ma. Lancé depuis presque un an, ce portail publie, entre autres, les appels à projets, les procédures et les objectifs du partenariat État/associations. Sa version amazighe est attendue pour la rentrée prochaine.

Le ministre promet aussi des formations au profit de 100 associations par région (1.200 au total), ainsi qu’un prix récompensant la meilleure association. Son nom sera connu le 1er août, tandis que la remise du prix se fera le 15 novembre lors d’une cérémonie qui sera organisée au théâtre Mohammed V de Rabat.

Difficultés communes

Plusieurs annonces qui n’ont pas convaincu les représentants des associations. Dès l'ouverture du débat, ils ont déclaré leur colère. Unanimement, une vingtaine de représentants d’associations actives dans les différents domaines de développement a interpellé le ministre.

Les associations dénoncent des autorités publiques qui tardent à leur délivrer le récépissé définitif de dépôt, des communes, faisant des maisons de jeunes le parent pauvre du développement local, mais aussi le clientélisme, notamment lorsqu'il s'agit d'accorder le statut d’utilité publique… Les représentants des associations se sont relayés pour fustiger également les difficultés administratives de décrocher les aides financières et l’absence de canaux de communication et d’interaction avec les structures publiques.

Il n’y a pas eu que des reproches. Certains ont ainsi salué l’initiative de joindre les associations à cette présentation, appelant le ministre à multiplier ses rencontres avec la société civile et à organiser des journées d’études. D’autres ont proposé, pour leur part, que ce rapport évaluant le soutien financier aux associations comporte aussi le bilan des projets soutenus et cite les noms des associations bénéficiaires.

Les promesses du ministre

Face aux représentants des associations, le ministre a maintenu le sourire, prenant note des remarques. "Tout le monde a le droit de s’exprimer!", répète-t-il, réagissant à un contestataire parmi les représentants des associations, ayant refusé les propos d’une militante représentant les Marocains résidant en Italie, et quitté la salle. La tension dans la salle n'aura toutefois duré que quelques minutes.

"Ma responsabilité en tant que ministre est d’être au service des associations. Chaque jour, je reçois des plaintes d’associations sur les différents problèmes qu’elles affrontent. Je joue le rôle du médiateur et de l’avocat pour plaider en leur faveur auprès des autres départements du gouvernement", soutient-il. Et de réitérer l’importance des associations en tant que partenaires de l’État. Une implication qui sera renforcée, rappelle le ministre, par la concrétisation de la démocratie participative permettant, entre autres, d’exercer le droit constitutionnel de présenter des pétitions.

Quant aux problèmes soulevés, Mustapha El Khalfi reconnait les difficultés des ONG. Il ne nie pas que le statut d’utilité publique "pose des problèmes au niveau des lois organisationnelles des communes territoriales. À présent, une proposition de loi est soumise au parlement à ce sujet et sera étudiée", assure-t-il.

Il a également promis de donner suite aux doléances des associations, soumises à l’occasion. Pour El Khalfi, cette rencontre a été une réussite à en juger de la présence massive des associations. Ultime promesses: de nouvelles rencontres, mais cette fois-ci, dans des salles plus spacieuses.

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