Tunisie: La police les oblige à enlever leurs t-shirts "Manich Msameh" pour assister à un concert

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MANICH MSAMAH
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Ils étaient sept à être interpelés par la police au cours du concert de la Ziara à l'amphithéâtre de Carthage pour... port d'un t-shirt supportant la campagne "Manich Msameh" ("Je ne pardonne pas"). C'est ce qu'a annoncé Manel Achour, directrice exécutif de l'ONG I Watch, dans une déclaration accordée à Shems Fm.

La police les a repéré au cours de la soirée, les a interpellé et les a obligé à changer leurs t-shirts avant de les relâcher après avoir fait des photocopies de leurs pièces d'identité et avoir pris des photos d'eux, a expliqué Ben Achour.

De son côté, le président de l'organisation I Watch, Achref Aouadi, a confirmé l'incident dans un post publié sur sa page Facebook. Il a indiqué que des jeunes adhérents au mouvement Manich Msameh et I-Watch ont été arrêtés et forcés de retirer leur pull "Manich Msameh". Ils ont été interrogés, photographiés et ont vu leurs t-shirts confisqués jusqu'à la fin de la soirée, a-t-il souligné.

L'ONG a affirmé qu'elle envisage de porter plainte à l'encontre de l'administration du festival et du ministère de l'Intérieur.

Malgré plusieurs tentatives de joindre le ministère de l'Intérieur, celui-ci n'était pas joignable.

Aouadi a manifesté, également, sa détermination et l'enthousiasme de son organisation à mener le combat contre la réconciliation avec "les corrompus" de l'ancien régime.

Le mouvement "Manich Msameh" se mobilise depuis quelques mois contre le projet de loi défendu par la présidence de la République, qui prévoit l'amnistie pour des faits de corruption en échange d'un dédommagement. Des manifestations ont été organisées pour protester contre ce projet de loi dit de "réconciliation économique et financière". Ce dernier avait été proposé à l'été 2015 par le président Béji Caïd Essebsi. Il prévoit l'amnistie de personnes --notamment d'hommes d'affaires ou d'anciens du régime du dictateur déchu Zine El Abidine Ben Ali-- poursuivies pour corruption, en échange du remboursement des sommes indûment gagnées et d'une pénalité financière.

Des fonctionnaires sont aussi concernés: ceux qui auraient été obligés, selon les défenseurs du projet de loi, de fermer les yeux sur des faits de corruption. Les plaintes contre eux seraient stoppées.

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