Détenus d'Al Hoceima: l'AMDH appelle à "l'arrêt du blanchiment des crimes de torture"

Publication: Mis à jour:
TORTURE
Keri Oberly
Imprimer

DROITS DE L'HOMME - Les cas de torture ne doivent pas être passés sous silence. L’Association démocratique des droits humains (AMDH) réitère, dans un communiqué publié dimanche soir, sa détermination. Faisant référence à l’expertise médicale réalisée par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) dans le cadre de l’élaboration de son rapport sur les événements d’Al Hoceima et dont le contenu avait été dévoilé par certains médias, l’AMDH appelle à l’ouverture d’une enquête.

"L’expertise médicale du CNDH confirme les rapports réalisés par plusieurs organismes suite à leur visite effectuée à Al Hoceima (…) et dont le plus important a été celui de la Coalition marocaine des droits de l’Homme", indique l’AMDH. Et de rappeler que cette Coalition avaient recueilli, dans le cadre de son enquête menée les 6, 7 et 8 juin à Al Hoceima, des témoignages de familles et de certains détenus relayant des cas de violence subie de part et d'autre.

Des témoignages auxquels s’ajoutent les déclarations d’une dizaine d’avocats ayant constaté, précise l’AMDH, "des traces de torture physique sur leurs clients qui leur ont parlé également de mauvais traitements portant atteinte à la dignité humaine, d’insultes et de menace de viol".

Soulignant que l’expertise médicale du CNDH a été effectuée conformément aux normes et principes d’investigation contenus dans le Protocole d’Istanbul, l’AMDH estime que "le cadre juridique de ce Conseil doit être revu afin de lever toute tutelle pouvant limiter son indépendance et freiner l’exercice des ses attributions". Et de dénoncer "les campagnes trompeuses que lancent certaines parties à chaque fois qu’un rapport sur la torture est publié".

"Nous revendiquons l’arrêt du blanchiment des crimes de torture tel que défini dans la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants", clame l’AMDH. Et pour y arriver, cette association appelle à ce que "les autorités sécuritaires soient soumises au contrôle du gouvernement et du parlement, à ouvrir des enquêtes judiciaires et à sanctionner ceux qui sont impliqués dans des cas de torture". Pour l’AMDH, il est temps de "mettre en place un instrument national indépendant de prévention contre la torture".

LIRE AUSSI: