La pénalisation de la violence contre les femmes détruit les fondements de la famille, selon Salem Labiadh. Les réactions fusent

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Alors que l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) est en train d'adopter la loi intégrale sur les violences faites aux femmes, un député et ancien ministre de l'Éducation sous la Troïka, Salem Labiadh, a estimé, vendredi, le 21 juillet, lors d'une plénière en présence de la ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, que le dudit projet de loi "pourrait instaurer un féminisme radical, détruire les fondements de la famille, légaliser l’homosexualité et jeter les bases des familles fondées par des lesbiennes et des gays (...)".

Une déclaration qui a provoqué un tollé; les commentaires indignés se sont multipliés.

"Selon Salem Labiadh, les lois qui protègent les femmes de la violence conjugale invitent à légaliser les pratiques homosexuelles.
1-donc, selon lui, une femme ne peut aimer un homme que s'il la tabasse...
2- l'homosexualité (qui existe depuis la nuit des temps et qui existera toujours) a pour cause la protection des femmes par des lois...
Selon la logique de si Labiadh: Abolissez certaines lois, et tous les humains seront des hétérosexuels rangés dont les mâles violentent les femelles de temps en temps pour les dissuader d'aimer d'autres femmes", a fustigé l'écrivaine et universitaire tunisienne Olfa Youssef sur sa page Facebook.

Sociolgue, Fethia Saidi a tenu à démonter l'argument sociologique de Salem Labiadh, lui-même sociologue: "La sociologie est critique, et elle restera malgré le conformisme de certains sociologues réactionnaires. Elle n'a rien à voir avec les analyses truquées de cet élu exprimant une ignorance sans limite des paradigmes et des approches sociologiques..(...)".

Et d'ajouter: "Mon collègue, 'spécialisé dans l'histoire sociale' est loin, trop loin même pour pouvoir analyser le quotidien ou les faits sociaux émanant d’un vécu. La sociologie du quotidien est un nouveau paradigme, ainsi, la sociologie de l'action publique et des politiques publiques qui est un domaine de recherche associant trois disciplines confondues: La sociologie des intérêts publics, la sociologie politique et le droit constitutionnel et administratif. Salem Labiadh ne s’est pas ouvert sur l’évolution qu’a connue la sociologie et encore moins, sur l’évolution du droit international et les différentes approches utilisées pour abolir les violences faites aux femmes, et/ou pour promouvoir sa participation effective", a-t-elle écrit sur page Facebook.

Autre réaction, celle de Mehdi Rebai, du parti Afek Tounes pour qui l'ancien ministre de l'Éducation est "un infâme misogyne , machiste, rempli de complexe et incapable de voir la réalité en face".

"Je suis une feministe radicale et fière de l'être. Radicalement non violente, je veux CONSTRUIRE une société où règne la paix et la sécurité. Seul le radicalisme violent veut détruire et détruit", a rétorqué Monia Ben Jémia, présidente de l'association des Femmes démocrates (ATFD) qui a milité pendant des années pour pénaliser les violences faites aux femmes.

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