RSF dénonce une couverture du Hirak "entravée par les autorités marocaines"

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HOCEIMA
Youssef Boudlal / Reuters
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HIRAK - Reporters sans frontières (RSF) dénonce "l’attitude des autorités marocaines qui entravent délibérément le travail des journalistes nationaux et étrangers qui couvrent les manifestations du Rif", rapporte un communiqué publié aujourd'hui par l'organisation de défense de la liberté de la presse.

“La situation des journalistes marocains et étrangers couvrant les événements dans le nord du Maroc ne cesse de se dégrader. À vouloir empêcher la couverture médiatique de la révolte du Rif, les autorités marocaines font peu à peu de cette région une zone de non-droit à l’information indépendante", dénonce dans le communiqué Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF.

Reporters sans frontières appelle par ailleurs les autorités marocaines à "libérer tous les journalistes-citoyens arrêtés et à condamner l’ensemble des agressions physiques commises contre les professionnels de la presse qui ne font, en couvrant ces manifestations, que leur travail.”

Ce constat vient alors que Hamid El Mahdaoui, directeur du site d’information Badil.info, a été arrêté jeudi dernier alors qu’il filmait la marche du 20 juillet interdite par les autorités. Il comparaîtra devant le procureur du roi près du tribunal de première instance d'Al Hoceïma aujourd’hui.

RSF rappelle que jusqu'alors, 7 "journalistes et collaborateurs de médias" avaient été arrêtés à Al Hoceima "pour leur couverture du Hirak". "Mohamed El Hilali, directeur du site d’information en ligne Rif Press - qui a été fermé- a d’ores et déjà été condamné à 5 mois de prison fermes pour 'insultes aux agents publics durant l’exercice de leur fonction' et 'manifestation sans autorisation préalable'", précise le communiqué.

Les six autres journalistes cités sont actuellement en détention provisoire à Casablanca, dans l’attente de leurs procès: Mohamed Al Asrihi et Jawad Al Sabiry, collaborateurs réguliers du média en ligne Rif24, Abd Al Ali Haddou, animateur de la web TV AraghiTV, Houssein Al Idrissi, photographe de Rif Press, Fouad Assaidi, animateur de la page Facebook AwarTV, et Rabiaa Al Ablak, contributeur du site Badil.info. Tous sont poursuivis pour des faits de droit commun et non selon le code de la presse, dénonce Maître Ahmed Ait Bennacer, cité par le communiqué de RSF.

L'organisation s'inquiète aussi du sort réservé à la presse internationale, rappelant l'interpellation en mai dernier de Jamal Alilat, grand reporter pour le quotidien algérien Al Watan, qui a ensuite été expulsé vers l’Algérie. Rosa Moussaoui et Ayoub Benkarroum, respectivement journaliste et photographe-reporter pour le journal français l’Humanité, ont quant à eux "été harcelés par les services de sécurité marocains alors qu’ils couvraient une manifestation de soutien aux détenus du Hirak à Meknès, le 4 juillet dernier" regrette RSF.

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