Maroc: Croissance "modeste" pour l'activité bancaire en 2016

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SUPERVISION BANCAIRE - En 2016, l'activité des banques au Maroc a enregistré une croissance "modeste". C'est l'une des principales conclusions du rapport annuel sur la supervision bancaire présenté mercredi, par Bank Al-Maghrib (BAM), lors d'une conférence de presse tenue dans son siège à Casablanca.

Après une amélioration de 3,8% en 2015, le total bilan cumulé des banques a progressé de 4,7% pour s’établir à 1.199 milliards de dirhams à fin décembre 2016, représentant 118% du PIB à prix courants, contre 116% en 2015. "En 2016, le crédit bancaire a enregistré une reprise de 4%", en amélioration par rapport aux deux années précédentes et a atteint un cours de 811 millions de dirhams", explique au HuffPost Maroc, Hiba Zahoui, directrice de la Supervision bancaire chez Bank Al-Maghrib.

Une reprise qui s'explique, selon BAM, par les "concours aux ménages qui ont progressé à 4,1% et la "reprise des financements bancaires aux entreprises non financières à 3,4%" après une baisse enregistrée l’an passé.

L'encours des créances en décélération

"Nous avons constaté que malgré la conjoncture économique difficile, l'encours des créances en souffrance des banques a décéléré pour cette année et s'établit à 7,6%", poursuit Hiba Zahoui.

Le volume des créances en souffrance a, en effet, évolué à un rythme moindre que celui observé au cours des trois dernières années, induisant un taux de risque de 7,6%, contre 7,4% en 2015. Ces créances en souffrance ont été couvertes par des provisions à hauteur de 69%, soit un point de plus que l’année précédente, selon le rapport.

Pour ce qui est des créances en souffrance portées par les filiales à l’étranger, notamment en Afrique subsaharienne, elles ont totalisé un encours de 13,2 milliards de dirhams, soit un taux de risque de 9,6%, contre 9,7% une année plus tôt.

Le taux de couverture de ces créances par les provisions "s’est amélioré d’une année à l’autre de 4 points à 72% et ce, en relation avec les actions de renforcement en ligne avec les instructions de Bank Al-Maghrib et les recommandations des missions de contrôle sur place effectuées par les régulateurs locaux", détaille la banque centrale marocaine dans son rapport.

La rentabilité des banques impactée

Dans un "environnement concurrentiel exacerbé", la marge d’intérêt des banques s’est elle réduite, impactant leur rentabilité. Cette situation a été partiellement atténuée par les revenus dégagés par les opérations de marché et les commissions sur prestations de services.

Toujours selon le rapport, le résultat net cumulé des banques, sur base individuelle, s’est inscrit en retrait de 1,7% après une baisse de 6,5% l’année précédente.

Le résultat net dégagé par les neufs groupes bancaires, sur base consolidée, a enregistré une hausse de 6% à la faveur des bonnes performances des activités opérées à l’étranger et des activités non bancaires.

Indicateurs d’activité et de rentabilité des 9 groupes bancaires- base consolidée

tableau

"Le résultat net des banques, si on exclut l'effet d'une opération exceptionnelle de désinvestissement faite pas un acteur de la place, a enregistré un léger repli de 1,7%, mais cela reste meilleur que l'année précédente. En parallèle, les résultats des banques réalisés en dehors du Maroc se sont renforcés, en particulier sur le continent africain", souligne la directrice du département de la supervision bancaire.

Globalement, "le secteur bancaire marocain est demeuré solide et résilient, comme le prouvent ces indicateurs de solidité financière et comme confirmé tout récemment par le Fonds monétaire international".

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