Condamné à perpétuité pour un crime qui n'a jamais pu être prouvé, l'affaire Maher Manai sera réexaminée

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C'est officiel. Le ministre de la Justice Ghazi Jeribi a décidé la réouverture du dossier de Maher Manai, un jeune tunisien condamné à perpétuité pour un meurtre qui n’a jamais pu être prouvé.

Invité sur les ondes d'Express Fm, son avocat Me Taieb Bessadok a fait savoir que le ministère de la Justice l’a contacté pour l’informer de l’accord de son département pour la révision du procès.

En effet, l'enquête a connu un incroyable rebondissement avec l'introduction de nouveaux éléments dans l'affaire. Une nouvelle lueur d'espoir qui se glisse dans l'histoire de Maher Manaï, ce jeune qui depuis neuf ans clame son innocence.

Me Bessadok a précisé qu'après la notification officielle, tout le procès va être refait devant les tribunaux de Sfax où le premier jugement a été prononcé. "C'est une première historique," a-t-il noté.

L'affaire Manai remonte au mois de septembre 2003 où ce dernier avait découvert une scène de meurtre. Malgré l'absence de preuves à charge, Maher Manai, avait, dans un premier temps, été condamné à mort puis sa peine fut commuée à la perpétuité bien qu’une tierce personne avait avoué avoir commis ce crime et malgré un témoignage de taille qui a révélé le nom du véritable assassin. Il a, d'ailleurs, entamé en 2016 une grève de faim sauvage afin d'attirer l'attention sur son affaire.

Une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre. La société civile s’est mobilisée et le président de la République, Béji Caïd Essebsi, en personne s’est engagé à suivre de près son cas.

Un livre "Le Syndrome de Siliana - Pourquoi faut-il abolir la peine de mort en Tunisie" a, par ailleurs, évoqué son histoire et a mis les projecteurs sur son affaire. Une enquête minutieuse a été menée par les auteurs du livres à savoir Samy Ghorbal, Olfa Riahi, Hayet Ouertani et Hela Ammar pour dévoiler les circonstances de son arrestation et de son incarcération.

"Le cas Maher Manaï est exemplaire des dysfonctionnements, des aberrations et de l’arbitraire du système judiciaire tunisien. Aucune des garanties procédurales prévues par la loi n’a été respectée dans son affaire. Le principe de la présomption d’innocence a été foulé aux pieds, pendant l’interrogatoire, pendant l’instruction, orientée par une enquête falsifiée, et pendant le procès, où la voix des accusés est rarement prise en considération," révèle Samy Ghorbal.

"Aucune preuve ne prouve son inculpation" a martelé son frère dans un reportage télé, produit en mars dernier. "Ils l'ont détruit pour un simple soupçon" avait-il indiqué.

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