Éloge aux "harragas" avec "Le Radeau" de Cyrine Gannoun et Majdi Boumatar au Festival international de Hammamet

Publication: Mis à jour:
D
Facebook Festival de Hammamet
Imprimer

L'amphithéâtre du Festival international de Hammamet a abrité, le 20 juillet, la pièce de théâtre "Le Radeau" (Chkhaf en arabe), idée originale de l'homme de théâtre décédé Ezzeddine Gannoun et mise en scène par sa fille Cyrinne Gannoun et Majdi Abu Matar.

Le plein air de la scène a constitué un cadre naturel. Pas loin, sur la côte de Hammamet, souffle l'odeur de la mer, là où les vagues terminent leur voyage sur les bords de la plage, et qui est le point de commencement pour les immigrés. Là-bas, le début d'une traversée périlleuse où s'entrecroisent les drames, les espoirs, les illusions de chacun des immigrés, rassemblés tous dans un unique radeau qui les scellent par un unique destin, le temps d'un voyage.

Les comédiens Bahri Rahali, Nada Al Homsy, Abdelmonem Chouayat, Rim Hamrouni, Oussema Kochkar, Mariam Darra, Guy Essonossé, Sophia Moussa jouent les rôles des immigrés clandestins.

Leur jeu suit le rythme de leur périple; tourmenté. Les corps se remuent emportés par les vagues et les voix se tordent et se délient suivant les courbes de la mer. Les regards se fixent et s'esquivent balancés entre les histoires des uns et des autres.

C'est l'histoire des rêves et des désenchantements des milliers d'immigrés, qui font la Une des médias, que l'on voit souvent sans voir réellement. "Le radeau" est une immersion dans ces vies bouleversées, dans les âmes courageuses et pétries d'espérances et d'appréhensions des immigrés qui se jettent à la mer, espérant en elle une porte de délivrance.

À la fin le public semblait sortir lui aussi d'une traversée: "un voyage à couper le souffle, douloureux mais nécessaire", a lancé Adel au HuffPost Tunisie.

Pour Ghada, "la pièce est une occasion de voir le phénomène de l'immigration clandestine ou harraga, tant évoqué, autrement que selon le prisme de la légalité. Une façon de rappeler l'essentiel; la souffrance de ces gens".

Composée d'une équipe internationale, la pièce a sapé les clivages pour marquer l'unicité humaine de cette problématique.

"C'est l'universalité du sujet joué par une mosaïque de personnages différents qui m'a le plus plu", a affirmé Ahmed au HuffPost Tunisie.

Souhir s'attarde quant à elle sur "l'originalité" et "l'exception " de la pièce: "il faut mentionner la qualité et la justesse réaliste du scénario qui déroge à ce qu'on voit souvent dans le théâtre tunisien" indique-t-elle au HuffPost Tunisie.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.