Grève de la faim des détenus du Hirak: l'OMP met en garde l'administration pénitentiaire contre un drame

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OMP - "La situation est inquiétante". L’Observatoire marocain des prisons (OMP) qualifie ainsi l’état des détenus du Hirak "en grève ouverte de la faim depuis le 17 juillet à la prison de Oukacha". Dans un communiqué, l’Observatoire indique que "le détenu Rabii Al Ablaq est en grève de la faim depuis 20 jours", précisant avoir appris "auprès de ses sources" que l'état de santé de ce détenu devient "grave". "Ses capacités physiques sont faibles, la couleur de sa peau vire au jaunissement et il ne maintient plus son équilibre", décrit l’OMP, rappelant que Silya, Salima Ziani de son vrai nom, autre détenue du Hirak, a également adhéré à cette grève de la faim, depuis vendredi dernier.

Craignant que cette situation n'aboutisse à un drame, l’OMP met en garde, dans son communiqué "les responsables administratifs, judiciaires et/ou de sûreté contre toute forme de pression ou menaces vis-à-vis de ces grévistes". Il demande à la Délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAPR) et à l’administration pénitentiaire de Oukacha d'"assurer un contrôle et un suivi quotidien de la santé des détenus grévistes". Il leur demande aussi de leur prodiguer des soins si nécessaire et de garantir "une surveillance médicale continue".

Pourtant, du côté de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), celle-ci réfute régulièrement les allégations de grèves de la faim entamées par les détenus de la prison de Ain Sebaâ 1 (Oukacha).

La présomption d'innocence pour libérer les détenus

Pour l’OMP, il est temps de prendre en considération la présomption d’innocence en accordant la liberté à l’ensemble des détenus en "procédant à la révision de la décision de leur détention provisoire prise à leur encontre sans fondement". "Nous revendiquons avec insistance aux responsables judiciaires (…) le respect de la présomption d’innocence et l’ouverture d’une enquête sur tous les faits évoqués concernant la torture et les humiliations ou encore la prise de photos de certains d'entre eux déshabillés", souligne l’OMP. Et de préciser qu’il s’agit, à son sens, "de l’un des pires précédents" au Maroc portant atteinte à la vie privée.

Par ailleurs, l’OMP estime que les détenus font preuve "d’une conscience forte quant à leurs droits" ayant légitimé leurs manifestations. Appelant les organismes des droits de l’Homme à poursuivre leur combat pour les détenus du Hirak, l’OMP réitère "son soutien inconditionnel" à leurs revendications sociales, économiques et culturelles.

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