Hoax: Emmanuel Macron ne possède ni palais au Maroc, ni société au Panama

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EMMANUEL MACRON
20Minutes a démenti les faits | EFE
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HOAX - Il y a quelques jours, certains médias peu crédibles révélaient que le Président de la République française, Emmanuel Macron, possédait une société offshore et louait une palais à Marrakech. Le quotidien gratuit français, 20Minutes, a vérifié les faits: Emmanuel Macron ne possède pas de bien au Maroc et n'a pas de société au Panama.

C'est le site Égalité et réconciliation qui a lancé l'information, reprise par la revue Faits & Documents dans son numéro du 1er au 15 juillet 2017. La revue stipulait, document à l'appui, qu'Emmanuel Macron est propriétaire de la société de droit panaméen "Bab El Mektoub" et loue une propriété à Marrakech.

"À en croire ce document sensible, Emmanuel Macron et Guillaume Rambourg auraient établi en tant que “représentants” de Bab El Mektoub SA, une société de droit panaméen, un bail commercial d’un an renouvelable par tacite reconduction pour la location de la propriété “Dar Olfa”, à Marrakech sur la route de Fès-Bab Atlas, à la société Capella Sarlau représentée par Olfa Terras."

macron

Des incohérences

20Minutes revient sur plusieurs incohérences dans le document. D'abord, la société n'apparaît pas dans la déclaration de patrimoine du Président. "Autre motif d'interrogation: la formulation du bail. Les sociétés de droit panaméen utilisent généralement des prête-noms pour dissimuler les noms des propriétaires des sociétés", souligne le quotidien français.

20Minutes remet aussi en question la signature d'Emmanuel Macron, qui "semble avoir été rajoutée", un loyer qui s'élève à 1.500 DH pour une propriété de 12 hectares, "un montant bien faible, alors qu’en 2014, cette propriété était à vendre pour 65 millions d’euros, selon l'agence immobilière Christie's."

Des sources qui ne sont pas fiables

Au-delà des incohérences révélées par le quotidien, les sources sont aussi à prendre avec précaution. " Le site Egalité et réconciliation est tenu par l’essayiste d’extrême-droite Alain Soral, qui a récemment été condamné pour diffamation. Quant à la revue Faits & Documents, elle a été fondée par Emmanuel Ratier. Décédé en 2015, ce dernier était une figure de l'extrême-droite qui a notamment travaillé pour le journal Minute."

Des fake-news depuis les élections présidentielles

Depuis le début des élections présidentielles françaises, Emmanuel Macron est la cible de fake-news, propagées notamment pas les sites et militants d'extrême droite. Parmi elles, Macron qui se laverait les mains après avoir serré celles des ouvriers, appuyé par une vidéo.

En réalité, l'extrait de France 3 a été sorti de son contexte. Le Président de la République s'essuyait les mains après sa rencontre avec des pêcheurs. Il avait tenu une anguille.

Pendant un débat pour le second tour de l'élection présidentielle sur TF1, opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, la présidente du parti d'extrême droite avait souligné que Macron était "entre les mains des communautaristes, notamment des plus dangereux, comme l’UOIF". Des propos repris par de nombreux militants du parti radical, puisque l’Union des organisations islamiques de France est connue pour être proche des Frères musulmans. L'organisation a démenti cette information, soulignant qu'elle n'avait "pas de liens particuliers" avec "En Marche!"

Juste avant les élections, le MacronLeaks a éclaté. 70.663 mails et documents issus des membres du mouvement "En Marche !" ont été publiés sur internet. Si le mouvement du Président a reconnu une partie de ces documents, d'autres dossiers sont apparus douteux et facilement falsifiables.

Enfin, il y a tout juste 1 jour, le maire d'une commune française avait annoncé que la photo officielle du Président était trop grande et qu'il fallait racheter un cadre. Un montant total de 2.772.000 euros pour collectivités locales.

L'Express a réfuté cette information, mettant en avant le fait que les maires ne sont pas obligés d'afficher la photo officielle, envoyée gratuitement par la préfecture. Cette polémique intervient alors qu'Emmanuel Macron a annoncé aux collectivités locales qu'elles devraient faire des économies.

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