Trois nouvelles fresques géantes pour Casablanca (PHOTOS)

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STREET ART - Casablanca compte depuis cette semaine trois nouvelles fresques gréantes. Les oeuvres d'art ont été réalisées dans le cadre de la deuxième édition de Casa Mouja, organisée cette fois en parallèle avec le Festival de Casablanca par la SDL chargée de l'animation de la métropole, Casa Events et Animation.

Les oeuvres de street art ont été réalisées du 6 au 15 juillet dernier. Pendant dix jours, cinq artistes spécialistes en la matière ont travaillé orner de couleurs les murs de la ville blanche. "Ce sont tous des Marocains ou presque", explique au HuffPost Maroc Mohamed El Bellaoui, alias Rebel Spirit, directeur artistique de cette édition et lui-même dessinateur.

Les artistes se nomment ED Oner, Normal, Basec Ayoub, Machima et Yann Chatelin, aka Poze. "C'est un artiste français mais qui réside au Maroc depuis 15 ans", précise Rebel Spirit. Artiste-peintre, spécialiste de la calligraphie arabe et des fresques géantes aux formes composées, ce dernier s'est vu confier un mur situé vers la fin du boulevard Roudani, au croisement avec la rue Socrate. Il a choisi de dessiner le portrait d'un homme tout sourire, certainement pour redonner de la joie aux murs de la ville.

"Quel bonheur de peindre une telle surface... J'ai vécu un moment incroyable", s'enthousiasme-t-il sur sa page Facebook.

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La deuxième fresque a été peinte du côté de boulevard Al Hank, non loin du site où était célébré le festival il y a quelques jours. Une fresque qui inspire selon les organisateurs "paix, zenattitude et bienveillance".

Son auteur, Abid Ayoub dit Normal, est graphiste et illustrateur de formation et de profession. Originaire d'Agadir, dans le sud du Maroc, diplômé en 2011, l'artiste a travaillé pendant trois ans pour des compagnies privées avant de changer de cap. Il est, entre autres, membre du fanzine marocain Skefkef et co-fondateur de l’association Ligature pour le développement culturel.

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Enfin, la troisième et dernière fresque est un mur collectif. Il est situé au niveau du boulevard de la Résistance et a été repeint par Machima, Ed Oner et Basec.

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Le premier, Mehdi Annassi de son vrai nom, a été élu récemment "Créatif de l'année" par les Maroc Web Awards. Digital artist casablancais autodidacte, il avait déjà travaillé avec plusieurs festivals dont Street Art Caravane, Jidar et Sbagha Bagha.

Ed Oner, lui, est natif de Casablanca et se passionne dès son enfance pour le dessin et la peinture. Son style est fait de portraits et de lettres aux formes géométriques.

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Basec, basé à Berrechid, a de son côté découvert le graffiti sur le web. Ses œuvres sont inspirées des plus grandes écoles de grafitti en Europe et aux États-Unis.

"Une explosion de couleurs"

Selon Rebel Spirit, tous les street-artistes participants ont choisi seuls leurs thèmes. "Nous avons décidé de laisser carte blanche aux artistes pour qu'ils soient libres d'expression et qu'ils fassent ce qu'ils veulent. Nous n'avons imposé aucune contrainte à part celle de la couleur. On voulait une explosion de couleurs pour remplacer tout le gris estampé qu'on trouve sur Casablanca. Après, c'était aux artistes de laisser libre cours à leurs imagination".

Si l'ambiance de travail entre les différents artistes était "bonne", la direction artistique du festival a eu du mal à trouver des murs vides à Casablanca. "Ce qui gâche toute intervention artistique dans les espaces publics, c'est la concurrence de la publicité. C'est notre ennemi public n°1. Celle-ci ne nous laisse pas beaucoup d'espaces pour s'exprimer. Les gens préfèrent malheureusement voir de la publicité plutôt que des oeuvres d'arts dans la rue, je ne sais pas pourquoi", regrette-t-il.

Ces propos ne sont pas sans rappeler l'affiche publicitaire d'Umnia Bank qui avait recouvert une fresque de Hendrik Beikirch à Marrakech, un portrait XXL réalisé par le street artist allemand sur le mur d'un immeuble de la ville ocre. L'affiche publicitaire avait finalement été retirée, sous la pression des internautes.

"C'est la force de la communauté web marocaine. Il y a du militantisme malgré tout, la jeunesse a envie de changement, mais il faut à présent que les autorités et les gens qui ont de l'argent suivent. Le fait de sponsoriser des évènements culturels est aussi une façon de faire de la publicité", conclut Rebel Spirit. Avis aux mécènes.

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