"Ages of Gnawa", le spectacle inédit de Fehd Benchemsi s'invite aux Harambee Days

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FEHD BENCHEMSI
L'Uzine, Karim Tibari
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SPECTACLE - Le public casablancais pourra célébrer la pluralité de l’Afrique durant les Harambee Days, qui reviennent à l'Uzine pour une deuxième édition du 21 au 23 juillet. Plusieurs activités et spectacles programmés feront bouger l’espace culturel et artistique de Aïn Sebaâ aux rythmes de différents pays africains tels que le Congo, le Sénégal, le Mali, ou encore la Tunisie.

Les participants peuvent s’attendre à de la danse, du cinéma, de la musique, du théâtre mais aussi à des ateliers de danse et de musique soigneusement sélectionnés par l’Uzine et rendus possible grâce à des partenaires comme la Cinémathèque de Tanger, le Fidadoc, ou encore l’association Gorara. Chaque activité fera découvrir au public la culture et l’art d’un pays d’Afrique différent. “On ne veut plus que l’Afrique soit désignée comme une espèce d’identité entière, explique au HuffPost Maroc la directrice générale de L’Uzine, Maria Daïf. “L’Afrique contient plusieurs pays et chacun a sa spécificité,” poursuit-elle.

À travers ces différentes disciplines artistiques, l’Uzine veut également mettre en avant la nouvelle identité éclectique de la ville blanche. “La communauté subsaharienne au Maroc continue de vivre en étant totalement ignorée", s’indigne Maria Daïf. “De leur côté, les Marocains, en général, ne connaissent pas ce continent auquel ils appartiennent. On ne peut pas continuer à s’ignorer les uns les autres,” alerte-t-elle.

Rétrospective musicale

Les Harambee Days démarreront donc avec une exposition photographique “Pensar en Futuro” venue tout droit du Sénégal et se clôtureront avec un spectacle inédit, “Ages of Gnawa”, alliant différentes formes artistiques pour retracer, en trois parties, l’histoire des Gnaoua de 1917 à ce jour. Produit par Fehd Benchemsi, le spectacle mettra à contribution les talents de gnaoui du comédien sur la scène de l'Uzine.

La salle de concert se transformera le temps d’une soirée en une machine à remonter le temps où les spectateurs seront témoins de l’évolution musicale mais aussi stylistique de ces descendants d’esclave qui jouent aujourd'hui sur les plus grandes scènes internationales.

Fehd Benchemsi a saisi l’occasion des Harambee Days pour faire naître ce projet qui lui tient à coeur, rendant hommage au parcours exceptionnel des gnaouas. “Ma relation avec la musique gnaoua n’est plus seulement musicale, elle est devenue addictive, confie Fehd Benchemsi au HuffPost Maroc. “Il faut que je parte au Moussem, il faut que je découvre les dernières nouveautés, je suis continuellement à la recherche d’archives musicales. C’est plus un rapport d’initié que de fan", ajoute-t-il.

L’acteur a découvert le guembri avec Maâlem Paco de Nass El Ghiwane et a côtoyé plusieurs Maâlems comme Hassan Boussou et Hamid El Kasri, mais sa principale source d’inspiration demeure le Maâlem Abdelkebir Merchane. Et Fehd Benchemsi se dit conscient de l’héritage des gnaouas et de sa signification qu’il ne faut pas prendre à la légère.

“Bien que je joue du guembri et que je chante, je ne me considère pas pour autant comme gnaoui parce que je ne suis pas issu d’une famille de gnaoua et je n’ai pas non plus appris sous la houlette d’un Maâlem", explique-t-il. Pour lui, il n’y a pas de gnaoui modernes, mais seulement des gnaoui traditionnels qui ont cette capacité d’improvisation et de fusion sur scène pour pouvoir offrir au public un autre type de musique tout aussi thérapeutique que la musique qu’ils jouent lors de leurs rituels (la lila).

“Ages of Gnawa” racontera l’histoire de cet héritage millénaire en réunissant sur scène Fehd Benchemsi, qui interprétera des textes tirés du répertoire traditionnel marsaoui, chamali et algérien, le jeune Maâlem Khalid Sansi ainsi que son groupe de musiciens qui ont appris avec le Maâlem Hassan Boussou et son défunt père le Maâlem Hmida Boussou.

Si Fehd Benchemsi a créé ce spectacle spécialement pour les Harambee Days de l’Uzine, il ne compte pas pour autant s’arrêter là. L’acteur voit les choses en grand pour ce projet qui lui est cher et souhaite le faire mûrir, toujours en collaboration avec l’Uzine.

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