Pour faire face au déficit budgétaire, un conseiller du chef du gouvernement recommande la privatisation des entreprises publiques

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Face au creusement continu du budget l'État, l'expert-comptable et ministre-conseiller auprès du Chef du gouvernement, Faycel Derbel, a présenté, mardi lors d'une table ronde, ses solutions pour surmonter la crise et donner une bouffée d'oxygène à l'économie tunisienne.

Si certains pensent que la solution réside dans l'augmentation des taxes, Derbel, quant à lui, recommande la privatisation. Il estime qu'il est préférable de céder les institutions étatiques, jugées "accessoires" et "peu vitales" citant l'exemple des banques publiques et de la régie nationale des tabacs et des allumettes.

Une solution, qui selon lui, pourrait porter ses fruits et renflouer les caisses de l'État tout en soulignant la nécessité de garder certaines sociétés publiques tels que la Société tunisienne d'électricité et de gaz (STEG), la Société Nationale d'Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) et l'Office National de l'Assainissement (ONAS). "Pas question de toucher à la STEG, à l'ONAS et à la SONEDE" a-t-il martelé.

La question a été, d'ailleurs soulevée, auparavant par le ministre du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi. Il avait annoncé que les orientations générales convergent vers la mise en place d’un nouvel organisme, soit une seule banque nationale permettant de renforcer la compétitivité de l’économie nationale tout en étant soucieuse du financement public.

L'expert a, par ailleurs, appelé à la cession des biens confisqués. Un fardeau qui pèse lourd dans le budget de l'État. En effet, d'après le premier président de la Cour des Comptes, Néjib Gtari, les 456 entreprises confisquées par l'État éprouvent des difficultés financières. Une situation critique qui laisse ces dernières incapables, parfois, d'honorer leurs engagements et de se trouver au bord de la faillite. Le fait de les vendre pourrait être une solution efficace qui permettrait à la fois de générer de nouvelles ressources financières à l'État et d'éviter le calvaire de la gestion des biens.

D'après les chiffres évoqués lors de la table ronde organisée par l’Institut Tunisien des Experts-Comptables (ITEC) sous le thème "Maîtrise du budget de l’État avec des solutions innovantes et non avec les traditionnelles augmentations des taxes", l’évolution du budget de l’État durant ces cinq dernières années ne respecte pas le principe d’équilibre entre recettes et dépenses.

Ainsi, les recettes propres ont augmenté de 6,2%/an, soit une hausse de 6,7% des recettes fiscales et de 3,1% des recettes non-fiscales, et ce, face à une augmentation de 11,6% des dépenses des salaires des fonctionnaires et de 8,6% des autres dépenses de gestion.

Quant à l’endettement, il a été excessif générant un service de la dette élevé. Un endettement qui a été aggravé par la dépréciation du dinar et la hausse des taux d’intérêt.

Un constat douloureux qui a été, par ailleurs, soutenu par l'organisation Al Bawsala. Cette dernière estime que l'endettement de la Tunisie a atteint le taux de 63,7 %. Tandis que le déficit du budget a frôlé le taux de 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017.

Une triste réalité qui n'échappe pas au ministre Fadhel Abdelkefi qui a déclaré, le mois dernier, que 2018 sera une année difficile, et ce en raison de l'augmentation de la pression sur les finances publiques. Deux solutions se présentent, selon lui, à savoir retrouver un rythme de croissance supérieur à 3% ou adopter une politique d’austérité.

LIRE AUSSI: Un pool de treize banques tunisiennes accorde à l'Etat un crédit regroupé de 250 millions d'euros

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.