Torture, communiqué, grève de la faim des détenus... L'administration pénitentiaire dément en bloc

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PRISON - Face aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et sur certains sites d'information, la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) réagit. Dans deux communiqués successifs, publiés ce lundi et relayés par la MAP, elle dément toutes les accusations qui sont portées à son encontre, ainsi que la grève de la faim des détenus, l’enregistrement d’une vidéo montrant des torture ou encore la diffusion d’un communiqué collectif des détenus d’Al Hoceima qu’elle qualifie d’"infondé".

Le communiqué sans signatures

Attribué aux personnes incarcérées dans la prison locale Ain Sebaa 1, ce communiqué, estime la DGAPR "n’est qu’un pur mensonge émis par des parties voulant exploiter les conditions de détention desdits pensionnaires pour servir des agendas n’ayant rien à voir avec leurs intérêts". Et de justifier que d’un "point de vue pratique, il n’y a aucune possibilité de produire un communiqué conjoint signé collectivement par les détenus en question".

La DGAPR fait aussi remarquer, par la même voie, qu’aucune copie de ce communiqué collectif ne peut être assimilée à "un texte originale" portant "les signatures des pensionnaires en question". Ce qui, pour l’administration pénitentiaire, représente en soi la preuve qu’il n’a pas été rédigé pas les détenus, mais par "des parties" à l'origine de sa diffusion.

Dans ce même communiqué, et contrairement à ce qui a été rapporté par certains avocats faisant partie des comités de défense des détenus d’Al Hoceima, dont l’avocat Abdessadak Elbouchattaoui, la direction de la prison locale Ain Sebaa 1 dément catégoriquement "tout ce qui a été relayé à propos des grèves de faim des détenus dans le cadre des événements d’Al Hoceima". Et d’affirmer "qu’aucun cas pareil n’a été signalé parmi ces derniers, et qu’ils prennent tous leurs repas d’une manière régulière".

Un détenu indiscipliné

Dans un autre communiqué, l’administration pénitentiaire répond aux accusations de torture d’un pensionnaire de la prison locale de Khénifra dont la famille aurait fourni une vidéo à des sites électroniques. "Les allégations contenues dans un enregistrement vidéo sont dénuées de tout fondement", affirme la DGAPR, précisant que le détenu en question est connu au sein de l'établissement pénitentiaire par "sa mauvaise conduite", et qu’il s’était "auto-agressé en cognant sa tête contre un mur, en signe de protestation contre le changement de son lieu de détention".

La délégation ajoute que le détenu avait alors bénéficié des premiers soins et qu’un rapport dressé à ce sujet comprend la déclaration du pensionnaire. "Il reconnaît qu’il avait heurté sa tête contre le mur pour protester contre une décision disciplinaire prise à son encontre après avoir menacé de ne pas répondre à l’appel du soir", explique l’administration. Et de souligner que cette déclaration a été transmise au procureur du roi pour prendre les mesures adéquates.

La DGAPR indique, par ailleurs, que le détenu a été transféré vers la prison centrale de Kénitra pour des raisons de sécurité. Selon la même source, elle a découvert qu’il projetait "d’agresser des fonctionnaires de l’établissement, avec la complicité de trois autres prisonniers". Ainsi, "les quatre complices ont commencé à mettre en œuvre leur plan en commettant plusieurs infractions durant la même journée", affirme le communiqué.

Le son de cloche est le même à la direction de la prison pénitentiaire de Khénifra. A son tour, elle condamne "toutes les tentatives malveillantes de porter atteinte à la réputation de l’établissement et de ses fonctionnaires". "Des tentatives" dont le but est de servir de "chantage et d’obtenir des privilèges illégaux", explique cette administration, soulignant "sa détermination à poursuivre l’application correcte des dispositions juridiques en vigueur".

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