La Lampe ajustée: Benkirane appelle son parti à dépasser la crise interne

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PARTI - Le congrès national du PJD aura lieu les 9 et 10 décembre prochain. La date a été fixée lors de la session extraordinaire du conseil national du parti, tenue samedi 15 juillet.
La procédure de participation des congressistes, telle qu’approuvée par les membres du conseil national, prévoit 1500 délégués des sections régionales, ainsi que 60 représentants des structures du parti à l'étranger.

"Nous n’avons pas apporté de grands changements à la procédure que nous avions adopté au 7e congrès national, à l’exception de quelques retouches pour l’améliorer et rationaliser la sélection des congréssistes", explique le président de la commission de préparation du congrès, Mohamed Yatim. Concrètement, le changement apporté à la procédure vise à mieux cadrer la sélection des candidats et assurer la représentativité des femmes et des jeunes parmi les délégués. Le taux de 25% pour chacune deux catégories, femmes et jeunes, a été fixé comme seuil minimum.

Les autres participants au congrès le feront sur la base de leur statut et en tant que représentants des organismes parallèles du parti, élus et présidents des communes territoriales.

Dans son discours qui a duré plus d’une heure, le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane a pesé ses mots, confié ses sentiments et évalué surtout l’aventure du PJD. Profitant de l’occasion, la dernière s’il ne décroche pas un troisième mandat exceptionnel, il a, dès le départ, précisé n’avoir pas regretté sa fonction de chef du gouvernement. "Je ne l’ai pas regretté une seule fois et ma femme aussi, d’ailleurs. Ma fille, par contre, a pleuré, pas pour le statut, mais pour son père", a-t-il reconnu, sourire aux lèvres.

Tourner la page

Saluant le courage de son parti ayant traversé de longues années de militantisme avant d'arriver à conduire le gouvernement, Benkirane a estimé que le PJD a "le mieux géré le gouvernement" avec "un sens des responsabilités" que d’autres n’avaient et n’ont pas. Tirant à boulets rouge sur le PAM, son ennemi juré, il n’a pas hésité, à l'occasion, à lui imputer la responsabilité des événements d’Al Hoceima. Pour lui, le PAM, à la tête de la région, "a vendu un mirage et n’a abouti à rien".

"Nous avons toujours fait l’objet de complots!", s'est exclamé le SG du PJD, précisant que son parti a vécu une crise suite au blocage de la constitution du gouvernement. "A la demande de Mohamed Yatim, j'ai assisté à la réunion de Saad Eddine El Othmani dédiée au déblocage de la situation, mais lorsque l'USFP a intégré la majorité, j'ai dû quitter", a-t-il révélé campant sur ses idées. "J'ai joué mon rôle auprès de nos élus. Je suis allé à leur rencontre pour leur demander de travailler et de soutenir Saad Eddine El Otmani dans sa mission", a-t-il précisé.

Mais l'ancien chef du gouvernement a bien conscience que pour aller de l'avant, il faut tourner la page. A maintes reprises, au cours de son discours, il a appelé son équipe à laisser de côté les conflits, à savoir "encaisser les coups" et avancer. Faisant allusion à la difficulté d'organiser la réunion du secrétariat général, suite à la constitution du gouvernement en avril, Benkirane a précisé que cette phase a été dépassée et que le climat de confiance a toujours régné au sein de son équipe.

Rappelant "l'engagement du PJD auprès du citoyen", le secrétaire général du parti a souligné l'importance de le préserver autant que les principes internes. "Personne n'est à l'abri des erreurs ou des conflits", a-t-il dit, ajoutant que "conduire un gouvernement" impose aussi un prix à payer. Et ce prix ne doit, pour Benkirane, ni remettre en question les réformes ni les fondements du parti dont la liberté et l'indépendance dans la prise de décision.

Des recommandations que l'on retrouve dans le communiqué final publié par le conseil national, dimanche après-midi.

Le PJD poursuivra son chemin coûte que coûte

Dans son communiqué, le conseil national s'est dit conscient de la phase charnière que vit le parti en ce moment, réitérant sa détermination à "redoubler d'effort pour poursuivre les réformes politiques, économiques et sociales et renforcer la communication avec les citoyens".

Exprimant son inquiétude quant à la pression que subit encore "le parcours démocratique dans notre pays" et "la poursuite de l'affaiblissement des partis politiques", le conseil national du PJD a appelé à "une nouvelle dynamique de réformes".

Il a également souligné l'importance de traiter les problèmes socio-économiques par une "approche globale", faisant allusion aux manifestations qui ont secoué et secouent encore la région du Rif. "Il faut traiter les raisons et les origines dans leur profondeur", a recommandé le conseil national appelant à adopter une approche similaire pour "traiter l'affaire des détenus" d'Al Hoceima.

Le conseil national du parti de la lampe a, par ailleurs, fait part de ses regrets quant à la condamnation de ses sept membres de la jeunesse du PJD, jeudi dernier. Pour lui "le verdict a été sévère" et leur poursuite sur la base de la loi antiterroriste a été "arbitraire". Il a exprimé son souhait que le recours à l'appel du jugement puisse accorder "réparation" aux détenus.

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