Putsch avorté en Turquie: plus de 7.000 personnes révoquées

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A soldier accused of attempting to assassinate Turkish President Tayyip Erdogan on the night of the failed July 15, 2016 coup is carried by gendarmes to the courthouse in Mugla, Turkey July 14, 2017. REUTERS/Kenan Gurbuz | Kenan Gurbuz / Reuters
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TURQUIE - Plus de 7.000 personnes ont été révoquées pour liens présumés avec "des organisations terroristes ou à des groupes déterminés à agir contre la sécurité nationale de l’État", selon un nouveau décret présidentiel publié dans le journal officiel.

Un total de 7.563 fonctionnaires ont été révoqués alors que 263 autres ont été réintégrés dans leur poste avec ce nouveau décret pris dans le cadre de l’état d’urgence et publié la veille du premier anniversaire de la commémoration de ce putsch, marqué notamment par l’inauguration de monuments à la "mémoire des martyrs" qui se sont opposés aux putschistes et par une "marche de l’unité nationale".

La police particulèrement touchée

Le corps de la police a été le plus touché par ce décret avec le licenciement de 2.303 agents, suivi par le ministère de l’Intérieur avec 1.486 révocations dont l’ancien gouverneur d’Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, radié du corps des cadres.

Des limogeages qui ont également touché 418 membres du ministère de la Justice, 45 des Affaires étrangères, 102 du département de l’Éducation, 789 de la Santé, 551 de la direction des Affaires religieuses (Diyanet) et 546 de la marine et des forces aériennes ainsi que 356 membres du personnel de l’Office de l’enseignement supérieur du pays (YÖK).

"Ces personnes ont été radiées du corps des cadres de l’Etat sans qu’aucune autre forme de procédure ne soit nécessaire", précise le document.

En outre, le décret a dépouillé 342 membres des forces armées turques à la retraite (TSK) de leurs grades alors que les ex stars du football turc Hakan Sükür, qui vit aux USA et qui est recherché pour ses liens avec l’organisation FETO (Fethullah Gülen, accusé par Erdogan d’avoir fomenté la tentative du putsch de juillet dernier), et Arif Erdem se sont vu retirer leur médaille.

De son côté, Fethullah Gülen, qui réside depuis années aux États-Unis, nie toute implication avec ce coup d'état manqué.

Vaste purge dans les rangs des partisans de Gülen

Depuis la proclamation de l’état d’urgence cinq jours après la tentative de putsch et reconduit à quatre reprises, le pouvoir a lancé une vaste purge dans les rangs des partisans de Gülen. Quelque 50.510 personnes ont été, depuis, arrêtées parmi lesquelles 169 généraux, 7.098 colonels et subordonnés, 8.815 policiers, 24 préfets, 73 adjoints au préfet, 116 sous-préfets de districts ainsi que 2.431 magistrats et 31.784 autres suspects, selon un décompte du ministère de la Justice.

A ce jour, 169.013 suspects ont fait l’objet d’une enquête ou ont été poursuivis dans le cadre des enquêtes sur le coup d’Etat manqué dont 43.404 ont été libérés.

Le gouvernement envisage de demander au parlement de prolonger l’état d’urgence, qui prend fin le 19 juillet courant, pour une durée de trois mois supplémentaires, a annoncé vendredi le Premier ministre Binali Yildirim.

Il n’est pas question de "lever l’état d’urgence tant que le pays n’aura pas retrouvé la paix et la sérénité", a indiqué le président Erdogan lors des commémorations de cet anniversaire de la tentative de putsch militaire, affirmant que cette mesure sera levée lorsque "notre objectif en matière de lutte antiterroriste sera atteint (…) et toutes les inquiétudes dissipées".

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