En attendant le congrès national du PJD, Benkirane ne conteste pas l'idée d'un troisième mandat

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BENKIRANE
Benkirane/page Facebook
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PARTI - Restera-t-il à la tête du PJD? A cette question, Abdelilah Benkirane a répondu partiellement, jeudi soir, à l’issue de la réunion des membres du secrétariat général du PJD. Dans une déclaration à la presse, relayée par le site du parti "pjd.ma" il a dit vouloir réagir à "la polémique" qui enfle sur les réseaux sociaux et dans les médias concernant l'éventualité pour lui de briguer un troisième mandat. Un sujet dont il ne préfère pas discuter et qui ne mérite pas, selon lui, de faire couler autant d’encre.

Mission accomplie, sauf…

"Ma mission s’est terminée d’un point de vue légal", a-t-il affirmé, précisant, toutefois, que toute décision n'appartient qu'au parti et non à lui: "Dans le cas où les camarades auraient un autre avis… On n’en sait rien de ce qu’ils pourraient revendiquer ou de là où ils trouveraient leurs intérêts… A ce moment-là, un autre débat s'ouvrira… De toute façon, je ne veux pas rentrer dans le sujet".

Benkirane ne veut pas débattre de la question, mais il tient à souligner l’importance qu’accorde le parti au respect de son règlement interne. Dans cette déclaration, il a insisté: "Nous sommes un parti qui respecte la loi, ma période a pris fin. Je devais quitter en 2016 avant que les camarades ne décident la prolongation du secrétariat général pour une durée d’un an, en raison des élections législatives", a-t-il rappelé. "Mais maintenant, je dois partir, sauf si les camarades, pas moi, se voient obligés à autre chose", a-t-il ajouté.

Le prochain congrès du parti, le huitième, sera donc décisif. Prévu en décembre prochain, sa date sera fixée demain, samedi 15 juillet, par l'assemblée extraordinaire du parti au cours de laquelle se réunira le conseil national pour entamer les préparatifs de l'événement.

Parcours modeste "mais honorable"

Benkirane avait, d'ores et déjà, exprimé son avis sur l'éventuelle prolongation à la tête du PJD, le 1er juillet, à l'occasion de sa rencontre avec les élus communaux de son parti. Il s’y est montré, d'ailleurs, moins enthousiaste qu’à son habitude en avouant que "le parti passe par l’examen le plus difficile de son existence". L’ancien chef du gouvernement y avait décrit la crise de son parti. "Si certains sont satisfaits de ce qui s’est passé, moi, je ne partage pas leur sentiment", a-t-il reconnu.

Dans son "aveu", il a confié que plusieurs personnes lui ont demandé de "ne pas baisser les bras". "Je ne dis pas que je veux abandonner. Certes, l’activité ne sera pas la même, mais l’insistance interne et d’une partie de la société, m’a secoué un peu", avait-il précisé.

Passant en revue le parcours de son parti de 25 ans, lors de cette rencontre, Benkirane a rappelé les débuts de la "daewa" qui petit à petit s’est transformée en mouvement, puis en parti politique dont le parcours, aujourd'hui, semble, pour le "zaim", "modeste, mais honorable". A présent, c’est une remise en question qui s’impose, estime-t-il.

"Être à la tête du parti, c’est le congrès qui tranche. Mais, le plus important, c’est que le parti doit veiller sur ses principes. Il doit les préserver, sinon il disparaîtra comme d’autres sans regret", prévient-il.

Benkirane a recommandé le maintien de la référence islamique, conseillant aux élus du parti d'être de "bonne foi", de travailler avec honnêteté et de se consacrer au travail de l’autre sans accorder au gain financier l’importance qu’il ne mérite pas. Une sorte de testament au cas où il ne reviendrait pas?

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