La stratégie d'Intel pour dominer l'électronique embarquée de l'Internet des objets

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De nombreux fabricants de composants électroniques comme Intel, AMD et Qualcomm ont sous-estimé les performances des nouveaux systèmes et applications implémentés dans la quasi-totalité des terminaux mobiles commercialisés dans le monde.

Il faut admettre que malgré tous les efforts des chercheurs visant à augmenter la puissance du computing des PC et diminuer leur consommation d’énergie, les usagers ont décidé de se débarrasser de leurs ordinateurs de bureau pour se brancher via des technologies mobiles (smartphones et tablettes).

A l’exception d’une légère hausse au premier semestre 2017, chaque année, les observateurs du marché mondial des produits informatiques enregistrent une forte chute des ventes de PC au profit des smartphones et des tablettes. Cette décroissance fait trembler les fournisseurs traditionnels de composants électroniques et de systèmes d’exploitation après la perte d’une partie du chiffre d’affaires qu’ils réalisaient sur ce segment.

Des compagnies comme Intel ou Microsoft ont alors décidé d’orienter leurs investissements vers les technologies mobiles dans l’espoir de rattraper le temps perdu et gagner des parts dans un marché dominé aujourd’hui par ARM, Qualcomm, Google et Apple.

Intel, par exemple, a mis en place, il y a cinq ans, sa première plateforme de fabrication de puces System on a Chip (SoC), spécialisée dans la fabrication des puces électroniques assurant des fonctions bien précises, et dédiée aux terminaux mobiles. Cette démarche est intervenue afin d'augmenter la capacité des batteries, d’améliorer le refroidissement du processeur et de changer l'architecture interne du terminal.

Cependant, la restructuration des fabricants traditionnels de composants électroniques sera encore plus longue. Ils seront mis à rude épreuve dans la conquête des futurs marchés des technologies mobiles marqués par la dominance de l’Internet des objets (IoT), des « weareables » (objets connectés) et des véhicules autonomes. C’est dans ce contexte qu’Intel tente de réussir son entrée dans l’espace des systèmes intelligents.

En effet, la firme américaine fait son entrée sur le marché de la conduite automatisée des véhicules. Ses ingénieurs ont réalisé la plateforme Go dotée d’une puce Xeon avec 28 cœurs, reliée à une puce modem 5G et surtout à deux circuits logiques programmables FPGA (Field-Programmable Gate Array) qui peuvent être reprogrammés pour assurer des fonctionnalités multi-tâches dont l’objectif est d’améliorer le système intelligent de la voiture autonome afin de traiter très rapidement les données et détecter les piétons et les voitures pour éviter les accidents.

La voiture autonome

L’entrée d’Intel sur le marché de la voiture autonome ne s’est pas limitée à cette performance technologique. La compagnie américaine est allée plus loin en intégrant, pour un investissement de plus de 15 milliards de dollars, la société israélienne Mobileye spécialisée dans les systèmes de détection de collision et d'assistance à la conduite.

Pour Brian Krzanich, directeur général d’Intel, cette acquisition va accélérer le développement de la voiture autonome "avec des performances améliorées dans une solution "Cloud-to-Car" à moindre coût pour les constructeurs automobiles". Pour ce qui est du support télécom, Intel compte renforcer ses capacités en matière de composants spécialisés. Avec la mise en activité de sa puce modem 5G, Intel maintient le cap sur la stratégie d’industrialisation de la technologie des modems cellulaires intégrés.

La puce modem 5G d’Intel devrait être commercialisée à la fin de la phase des tests, prévue au mois de novembre 2017. Au-delà des terminaux mobiles et des voitures autonomes, ce composant électronique devrait également être utilisé dans les équipements réseau, drones, et objets connectés. Avec les débits annoncés de l’ordre de 5 Gbits par seconde, la puce modem 5G de la firme américaine contribuera énormément à la mise en application de la feuille de route de la 5G initiée par plusieurs entités IT. D’ailleurs, dans le secteur de l’Internet des objets IoT (Internet Of Things), Intel a dégagé un chiffre d’affaires de 2,6 milliards de dollars au dernier trimestre de l’année 2016, en croissance de 15 % par rapport à 2015. Soit près de 5 % de son chiffre d'affaires global. Avec ces chiffres, Intel devra alors admettre que le marché des objets connectés sera beaucoup plus vaste qu’était celui des PC.

Cela dit, Intel dispose d’une dernière chance pour démontrer qu’elle est capable de réussir son pari. 26 milliards d'objets connectés à l'horizon 2020, selon Gartner, et près du double pour Cisco, l'IoT est promis à un bel avenir. Pour progresser davantage, Intel prévoit de concentrer ses efforts sur le principe de la convergence des supports des télécommunications mobiles. La firme va investir plus de 100 millions de dollars au cours des cinq prochaines années dans le secteur des technologies des télécommunications au service du commerce de détail. Selon les responsables d’Intel, ce nouvel axe d’investissement vise à permettre aux détaillants d’utiliser une panoplie de technologies et de solutions pour unifier les différentes étapes de leurs opérations, allant de la gestion des stocks au passage aux caisses.

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