La ministre de la Santé déplore les dettes faramineuses de la pharmacie centrale, des hôpitaux régionaux et universitaires

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SAMIRA MERAI
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En marge de son audition à la commission de la santé et des affaires sociales à l'Assemblée des représentants du peuple, la ministre de la Santé Samira Meraï a dressé un sombre tableau de la situation économique du secteur.

Évoquant de "grosses dettes", la ministre de la Santé cite quelques exemples dans une déclaration accordée aux médias: "Il y a de grosses dettes au niveau des hôpitaux universitaires et régionaux mais également au niveau de la pharmacie centrale".

Cette dernière a un déficit de 500 millions de dinars a indiqué la ministre alors que les hôpitaux ont des dettes de 266 millions de dinars.

Malgré cela, "nous avons un manque en ressources humaines et une grosse saturation (de patients) (...) dans les hôpitaux universitaires et régionaux" a-t-elle déploré ajoutant que pour les hôpitaux de circonscriptions et les centres de santé de base "le taux d'activité est de seulement 15%".

Selon Samira Merai, le constat est alarmant, "cela veut dire que nous n'avons pas de première ligne sanitaire, tous les malades vont soit dans les hôpitaux régionaux ou les hôpitaux universitaires".

"Il y a des services dont nous sommes fiers et d'autres qui méritent une attention particulière", affirme à l'AFP Kaouther Hedhili, directrice des services généraux auprès du ministère de la Santé, qui qualifie de "défaillance majeure" la "gouvernance" actuelle.

La fonction publique, où les recrutements ont été massifs et souvent peu judicieux après la révolution de 2011, est saturée, poursuit-elle. Dès lors, le ministère de la Santé ne remplace plus les départs à la retraite alors que le manque de personnel avoisine 14.000 postes, avance Mme Hedhili.

L'infrastructure sanitaire en Tunisie est un problème récurrent en Tunisie. En 2016, la mort d'une jeune femme de 34 a réouvert le débat sur l'état des hôpitaux publics en Tunisie, notamment dans les régions intérieures.

174 hôpitaux et 81 cliniques. Tel est le nombre d'établissements de santé en Tunisie selon une étude intitulée "La santé sous examen". Cette étude reprend les chiffres de 2011 publiés par le ministère de la Santé en 2013.

Selon celle-ci, la Tunisie compte 103 hôpitaux de circonscription, 33 hôpitaux régionaux et 24 hôpitaux universitaires. En y ajoutant les 81 cliniques et les 2091 centres de santé de base, cela fait 31 936 lits actifs dont 87% sont dans le secteur public.

Concernant les hôpitaux universitaires, aucun ne se situe au sud de Sfax. Le centre et l'ouest du pays en sont également dépourvus. La majorité de ces hôpitaux se trouvant dans et autour de la capitale. À noter que les hôpitaux universitaires étaient en fonction dans les années 60 dans les régions du Sud, notamment à Gabès.

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